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vendredi 11 octobre 2019

Les élections fédérales 2019, une perspective patriotique

Édito du Bonnet des patriotes 

La campagne électorale signale-t-elle quelque nouveauté dans l'offre politique ? À vrai dire, très peu. Les principaux partis restent dans leur rôle, courtisent leur "clientèle" et répètent leurs lignes. Ils fuient comme la peste la controverse. Celle qui pourrait leur attirer un sourcillement des "king makers" et une couverture de presse défavorable, voire négative. Comme le disait Coluche, "Si les élections changeaient quelque chose, cela se saurait". La politique du spectacle domine toujours et décourage un vrai examen des grands enjeux. 
Par conséquent, les grands axes de la politique internationale, économique et de défense du Canada continueront d'être alignés sur ceux de l'ONU, des États-Unis, du G7, du FMI, de la Banque mondiale, de l'OTAN, etc. En bon élève, le Canada continuera de réagir aux événements, ce qui soulignera son manque d'indépendance face aux réseaux du mondialisme, que ces derniers soient officiels ou qu'ils agissent derrière la scène. Une importante crise économique n'est pas à écarter au cours du prochain mandat. Le gouvernement tentera de compenser ses effets avec l'accroissement des dépenses publiques, disposant toutefois d'une marge de manoeuvre réduite compte tenu de son niveau d'endettement. C'est là une vulnérabilité pour le pays que les deux principaux partis ne sont pas résolus à contenir. Gouverner n'est donc pas prévoir !

Peu de différences marqueront l'action gouvernementale sur le fond, que les libéraux ou les conservateurs l'emportent. En revanche, un gouvernement minoritaire marquerait l'accroissement des rivalités de tout ordre et leur donnerait plus libre cours. Le résultat serait d'affaiblir l'action gouvernementale et, possiblement, de conduire à sa paralysie. L'insatisfaction face à l'offre politique persiste et elle se traduit par la présence de 21 partis politiques reconnus. Il n'est pas rare que le nombre des candidats dans les circonscriptions urbaines dépasse la dizaine. 

Dans ce décor de marketing dominé par la langue de bois, la seule nouveauté notable sur l'élection précédente de 2015 est l'apparition du Parti populaire. Contrairement à son nom, le parti propose des mesures qui ne sont pas forcément populaires au premier abord. C'est le seul parti d'importance à s'écarter de la langue de bois. D'abord, parce qu'il irrigue d'un peu de bon sens une puérile hystérie climatique. Il est ensuite le seul à proposer le retour à l'équilibre budgétaire en deux ans. Pour y arriver, il se dira même insensible à la pleurniche communautaire, refusant apparemment de saupoudrer à gauche et à droite de l'argent emprunté pour s'acheter de la fidélité électorale. Non sans intérêt, il vante aussi le respect de la constitution et, par conséquent, la fin des empiètements du fédéral dans les champs de compétence des provinces. Même si il y a loin de la coupe aux lèvres, l'intention est du jamais vu chez un fédéraliste depuis fort longtemps...  Maxime Bernier tire encore le tapis sous les pieds du Bloc quand il affirme sans ambages que la Loi 21 relève de la compétence provinciale. 

Si une nouvelle constitution devait être négociée un jour dans l'optique de l'égalité des nations, la rigueur peu commune qu'affiche Bernier sur les principes pourrait faire de lui un interlocuteur de choix, moins biaisé idéologiquement que les Trudeau, père et le fils. Soyons clair, chez Bernier, le manque de sensibilité (ou de compréhension) pour la question nationale apparaît assez nul. Et son ultra-libéralisme en économie (il milite pour mettre fin aux mécanismes de gestion de l'offre), bouscule un interventionnisme d'État que d'aucuns considèrent comme un trait de "l'identité canadienne". À tout considérer, Bernier se distingue comme le candidat le plus droit dans ses bottes. Au débat en français du 10 octobre dernier, il a laissé le Bloc loin derrière au titre de champion d'un franc parler pas trop politiquement correct. Bonus, il se sera valu des sympathies en mettant de l'avant une réduction significative des seuils d'immigration. Ce qui démontre qu'il n'y a pas que le Bloc qui puisse défendre les intérêts du Québec à Ottawa. Rappelons que le Bloc a argumenté contre Bernier, en faveur du maintien de hauts niveaux d'immigration.

Effectivement, le Bloc québécois fait corps avec à une désespérante rectitude politique. On le reconnaît avec sa défense d'une position irresponsable sur l'immigration, ce qui devrait décourager bien de ses électeurs. Bravant toute incohérence, le Bloc se pose toujours, sans rougir, comme le héraut des intérêts nationaux, mais se fait en pratique le champion de l'harmonisation fédéraliste. Avec des positions voisines de celles des élections précédentes, il affiche une compatibilité complète avec le cadre fédéral. De plus, en se refusant à toute initiative en vue de résoudre la question nationale, prétextant que cela n'est pas de son ressort, le Bloc s'excuse d'exister. Autrement dit, il ne sert à rien. Il est en rade en attendant que le vent se lève à Québec. Se contenter d'accompagner la population dans son évolution, est un alibi des plus fessier qui, forcément, le prive de tout leadership. Un alibi qui le pousse dans l'insignifiance eu égard à la question nationale. Avec des ambassadeurs aussi incompétents, peut-on conjecturer pourquoi Maxime Bernier, francophone né au Québec, ne comprend rien à la question nationale ? 

Il y a quelque chose d'un peu atavique dans l'appui au Bloc. L’appui pour ce parti tiendrait largement au fait qu'il est “québécois” et uniquement à ce fait. On peut le déplorer, mais la majorité de ses appuis font peu de cas de ses positions politiques. On serait prêt à pardonner toutes ses incohérences. Ce comportement n’est certes pas très rationnel, mais on peut le comprendre comme une volonté persistante de ralliement national autour d'un icône. Mais c'est aussi une ultime bouée de flottaison qui permet d'échapper, autant que faire se peut, à la vision de l'abîme que nous a laissé l'idéologie péquiste.   

Même si les fondateurs du Bloc jugeaient que son existence devait être temporaire, les salaires, les comptes de dépenses et les retraites dorées sont devenus un incitatif pour user son fond de culotte sur les chaises parlementaires. Pour se perpétuer, le Bloc utilise ses ressources pour améliorer le fédéralisme et vendre une réthorique qui exploite le sentiment national dans son propre intérêt, sans risques.


Même si ses fondateurs du Bloc jugeaient que son son existence devait être temporaire,  les salaires, les comptes de dépenses et les retraites dorées sont devenus un incitatif majeur pour user son fond de culotte sur les chaises parlementaires. Pour se perpétuer, le Bloc utilise ses temps libres pour vendre une réthorique qui exploite le sentiment national dans son intérêt et explique à ceux qui veulent le croire que son action parlementaire est très utile pour le Québec.  
Il y avait pourtant un monde avant le Bloc, parti formé en 1991 par des transfuges de partis fédéralistes. Avant la naissance du Bloc, il s'était forgé une pratique de résistance dans certains cercles. Elle prônait l'abstention, l'annulation du bulletin de vote où la dérision, à la manière du parti rhinocéros, fondé en 1963. 


















Le retour à une pratique de l'abstention conserve le potentiel d'une vraie dissidence. Massive, elle pourrait avoir comme finalité de provoquer une crise de légitimité des institutions, forcer l'ouverture de négociations. Comme il n'y en eut jamais, ce serait une première. 

En cinquante ans d'existence, le Parti québécois n'a jamais voulu négocier de bonne foi et, du reste, il ne s'y est jamais préparé. Il a très tôt recouru à des stratagèmes de contournement épuisants et stériles : les référendums. Pire, il a ruiné par son improvisation et son amateurisme les débats constitutionnels de 1981, les seuls de cette importance depuis 1865. Pour apprendre finalement que René Lévesque avait été humilié. La Nuit des longs couteaux, le drame personnel d'un chef errant. Mais le vrai scandale était le silence de mort du Québec sur la question nationale pendant des mois. Peut-on avoir réclamé de négocier la souveraineté-association pendant douze ans et faire pire ? 

Si une question nationale existe encore au Canada, il faudra bien un jour trouver quelqu'un pour occuper la chaise laissée vacante par le royaume de la péquisterie. Entre temps, la participation au parlement fédéral dans un contexte d'injustice nationale avéré, contribue à légitimer le fédéralisme. D'évidence, la participation du Bloc en est une de vrais collabos du régime. 

Après avoir dressé ce tableau, le Bonnet des patriotes n'aura pas la prétention de lancer un mot d'ordre d'abstention, n'étant que trop conscient de son poids politique. Mais on fera tout de même un coup de pratique, en lançant l'idée d'un abstentionnisme actif et militant, que l'on souhaite tout de même un peu contagieux. Ceux qui avaient déjà l'idée de s'abstenir ou d'annuler se sentiront moins seuls. Espérons qu'en nous lisant ils trouveront des motifs supplémentaires à leur geste. Qui sait ?  

On ne terminera pas cette prise de position sans se faire le plaisir de  renvoyer dos à dos ceux qui ne veulent pas parler d'indépendance et ceux qui veulent en parler tout le temps. Ils forment ensemble le coté pile et le coté face d'une même pièce.  La résolution de la question nationale n'étant pas selon nous tributaire d'une pédagogie dans l'entre-soi, au sein de la nation demanderesse. Laissons la pédagogie à l'école. La question nationale est une affaire politique pour adultes. Son succès est tributaire d'un engagement politique d'opposition sur tous les enjeux du contentieux national, en partant d'une assumation totale de notre histoire. Une opposition musclée, articulée, qui devra rendre intenable le statu quo institutionnel. Un processus de démontage d'un colonialisme qui continue de régir en filigrane les rapports entre deux colonies de peuplement européennes superposées. Celle des vainqueurs et celle des vaincus.  Si une Allemagne vaincue a pu récupérer ses droits après 1945, la nation canadiEnne, elle, attend toujours le rétablissement des siens. 
                                                                                                                                                                    
Mais rassurez-vous. Comme plusieurs l'auront déjà deviné, on ne déchirera pas notre chemise pour que nos lecteurs s'abstiennent de voter. Ça n'en vaut pas la peine. Que vous votiez ou non, on encouragera sans réserve une sorte d'abstentionnisme actif de tous les jours. Nous invitons nos lecteurs à rejoindre le Bonnet des patriotes, il vous offre une participation aux affaires publiques à intégrer dans son mode de vie, plutôt qu'un vote tous les quatre ans.  



dimanche 6 octobre 2019

Octobre 1970 Les graves conséquences politiques de l'épisode felquiste

[Cet article est aussi publié sur le Le Bonnet des patriotes]

[créé le 6 octobre, mis à-jour le 7 octobre à 9:00]
Introduction 
Mi-témoignage mi-analyse. Ce texte est publié quelques jours avant l'anniversaire de la loi des mesures de guerre. Vécue directement par l'auteur, la crise d'octobre plongea le Québec dans un état de choc et influencera son avenir plus qu'on ne le pense. Ce texte se veut aussi une contribution au «bilan critique du PQ», un exercice de réflexion lancé par Richard Gervais, pour qui "l'important est de mettre au rancart le péquisme". On pourrait ajouter, pas seulement le parti mais son esprit.

vendredi 27 septembre 2019

Il faut revoir le mandat de New York, ville hôte des Nations Unies

Par souci pour l'environnement, puisqu'on en parle beaucoup ces jours-ci, et d'autres motifs, les pressions montent pour que les Nations Unies se mettent à la recherche d'une autre ville hôte. Grâce aux Nations

jeudi 26 septembre 2019

Le 26 septembre 1994, Jacques Parizeau devient premier ministre

[mis à jour 9:59 - 26-09-2019]

Il y a 25 ans, le 26 septembre 1994, Jacques Parizeau devient premier ministre du Québec. Il annonça son intention de démissionner comme député et premier ministre le 31 octobre 1995. Il démissionna le 29 janvier 1996 pour céder la place à Lucien Bouchard.

mardi 24 septembre 2019

La guerre dans tous ses états, grande oubliée de la destruction de l'environnement

Cet article a été écrit pour 
Le bonnet des patriotes :
http://www.lebonnetdespatriotes.net/lbdp/index.php/chroniques/item/22642


Greta Thunberg s'est finalement adressée aux dirigeants internationaux réunis au siège des Nations-Unies à New-York pour le Sommet Action Climat. Elle sera à Montréal le 27, dans un autre show très médiatisé. Avec son visage fermé, elle semble moins animée par l'amour de la planète que par une haine recuite des climatosceptiques.

jeudi 8 août 2019

"Québécois n'avait pas d'histoire", F-A Angers

Changer d'identité est un pari risqué pour toute nation. L'oser dans le cas d'une petite nation privée de reconnaissance et d'égalité politiques était lourd de responsabilité. 




Les pionniers de la "québécitude" prenaient donc un pari risqué. En rejetant une identité canadiEnne forgée par les tribulations de l'histoire, la crédibilité de leur projet ne tenait que par la promesse d'une réussite imminente, qui soulevait d'ailleurs l'enthousiasme. Cinquante ans plus tard, non seulement les résultats n'y sont pas, mais la "québécitude" nous aura valu un recul inédit face au Canada anglais. Les circonstances sonnent le rappel de notre identité historique.

FB:




Steve E. Fortin rapporte ce matin que pour la Commission des communautés culturelles du PLQ : 
« Nous sommes francophones, nous sommes tous des Québécois et nous sommes multiculturels ». 

Il faut leur répondre que si nous sommes tous Québécois, membres de ce grand fourre-tout multiculticulturel, nous ne sommes pas tous des Canadiens-français. La nation fondatrice du Canada ne doit pas être la dernière minorité à s'organiser, à revendiquer sa place et son identité. 
C'est ce que le multiculturalisme officiel nous impose. 
Le Québec aux CanadiEns !  


*   *   *

 Québécois n'avait 
pas d'histoire !
« ... ils n'ont pas assez tenu compte que l'expression "Québécois", elle, n'avait pas d'histoire et que tout le monde, ne la comprenant pas ou se refusant même à la comprendre comme eux, allait nous engager dans une lutte de signification de ce qu'est un Québécois. Tant que nous nous disions Canadiens-Français, personne d'autres que nous ne pouvait s'identifier à notre histoire, à nos droits, sans accepter de s'identifier à nous, tels tant de Canadiens-Français qui portent effectivement des noms anglais, irlandais ou écossais. »

François-Albert ANGERS
Analyse du référendum de 1980 II
Revue L'Action nationale
https://gilles-verrier.blogspot.com/2018/10/en-1980-francois-albert-angers-plaide.html

lundi 17 juin 2019

L'idéologie du progrès livre une guerre au passé

Le retrait du crucifix de l'assemblée nationale, promesse électorale à laquelle renonce François Legault, témoigne de l'incapacité d'une nation à assumer son passé. Cette décision témoigne aussi d'une fausse conception de l'égalité.


La laïcité qui est derrière cette volonté de rectitude symbolique n'est pas la population mais les fervents anti-catholiques, qui se recrutent dans les sectes secrètes de la franc-maçonnerie qui pousse son agenda en faveur d'une société purement matérialiste. (1) C'est en quelque sorte la tradition de la révolution française et de la tradition bolchévique, les deux révolutions matérialistes qui ont changé la face de l'occident. Dans un geste de bonne volonté il y a le désir d'équivalence, un marchandage, une compensation, envers ceux à que la loi obligera de retirer ce qui sera désigné comme symbole religieux.

Canadiens français et catholicisme en sont les victimes. ...a sapé les conditions de la propre reproduction sociale de la nation. (v. Alain de Benoist p.263 - Contre le libéralisme).

LA RÉVOUTION TRANQUILLE
La révolution tranquille est l'équivalent de ce qu'on a appelé les Trente glorieuses. Mais elle a des particularités au Québec, parce qu'elle représente le passage d'une société traditionnelle, plus proche des valeurs évangéliques par l'esprit du don et du partage qui en constituait une valeur incontestable. Elle était donc plus proche d'une expérience incarnée de socialisme naturel qu'elle ne l'est naturellement depuis. N'en déplaise à la gauche, moins évangélique, le socialisme est devenu plus artificiel. Une gauche qui aura d'ailleurs été aux avants postes de la destruction de l'armature nationale. La nation ethnique pouvait permettre cette cohésion anthropologique qui a assuré sa survivance - sa pérennité - depuis la conquête et, singulièrement depuis les troubles de 1837-38.

La laïcité qui bataille aujourd'hui pour l'enlèvement du crucifix ne fait que mettre en scène les derniers actes de la révolution libérale de la nation civique pour qui tous les Québécois sont égaux parce que tous dépourvus d'une identité historique incarnée. Or l'égalité ne se réalise pas par un appauvrissement identitaire général. Phrase romaine qui dit que

1- La révolution française puis la révolution bolchévique ont été les grands événements de la révolution matérialiste, la première pilotée par la franc maçonnerie anglo-saxonne, la seconde pilotée jusqu'à un certain point par des athées juifs anti-orthodoxe.

dimanche 9 juin 2019

L'État du Québec n'est pas notre ami !

« Quand l'opinion publique s'est à ce point éloignée de la réalité, il lui devient très difficile de donner naissance à un véritable leadership. »

dimanche 2 juin 2019

Gilbert Paquette ménage-t-il le fédéralisme ?

Si le Québec n'était pas bi-national, les Anglais n'auraient pas mis le feu au Parlement de Montréal !
[m-à-j du 2-06-019 19:05]


Je cherchais à illustrer ma dernière chronique, publié sur Vigile, par un article d'actualité qui me servirait d'exemple. C'est Gilbert Paquette qui m'en fournira l'occasion.

lundi 29 avril 2019

Aucune constituante bi-nationale sans états généraux préalables

NOTRE NATION A LE DROIT DE DÉLIBÉRER SUR SON AVENIR DANS L'INDÉPENDANCE, 
SANS  SON CHAPERON COLONIAL 

La négation de l'existence d'une nation canadienne française, dont les premiers jalons ont été posés 150 ans avant que les Anglais débarquent avec leurs canons est à la racine d'un conflit national toujours irrésolu. Avant de se pencher sur un nouveau projet de constituante bidon, qui se cherche une légitimité dans la ré-écritude de l'histoire, prenons d'abord le temps de nous demander ce qu'est une nation ?

jeudi 25 avril 2019

Billet : Révolution française et populicide vendéen

Billet

Commentaire instructif que je reprends d'un article qui met en doute le "génocide vendéen" 
Source :
https://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/le-faux-genocide-vendeen-75253

La fatalité de la découverte de l'Amérique : les cas de la France, de l'Espagne et de l'Angleterre

Le présent topo ne prétend pas vider le sujet. Il se limite à mettre en lumière quelques distinctions importantes dans les mouvements coloniaux de l'Europe vers l'Amérique. 

vendredi 12 avril 2019

Projet de loi 21 et PJ 9 Quand la séduction précède l'amère médecine

[Dernière mise à jour 13 avril 13:14]

« Le gouvernement de la CAQ n'avait pas le droit de refuser péremptoirement un mémoire. La tendance au totalitarisme dans le cas présent se trouve du coté d'un gouvernement, qui utilise bel et bien la puissance du pouvoir pour épurer le débat public. Mais, outre le délit de rectitude politique, le gouvernement Legault commet celui d'entrave à la liberté politique. »

jeudi 28 mars 2019

Mascarade vestimentaire et accessoires promotionnels : une affaire civile et non religieuse !

Faut-il recourir à une loi parce que la volonté d'agir sur le terrain fait défaut ?

En tentant de définir ce qui est un symbole religieux et ce qui ne l'est pas, le gouvernement Legault sort de son rôle. L'État devrait se rappeler qu'à l'intérieur même des cultes le port de signes et de

lundi 11 mars 2019

Le grand remplacement : de la nation réelle à la nation légale

Les souverainetés malmenées par le mondialisme
Je ne dirai rien de bien nouveau en écrivant que le mondialisme fait son chemin sur les gravats des nations réelles. Élimination des frontières, immigration massive,

mardi 19 février 2019

Une autre agression américaine contre un pays qui ne lui a rien fait !

Ce qui se joue au Vénézuéla est une autre agression américaine pour détruire les souverainetés nationales et le droit international.


samedi 2 février 2019

L'étapisme : Un sabotage mené de main de maître

Pour renverser la dynamique du déclin : 
Une doctrine nationale décomplexée, 
libérée de l'influence canadiAn

[mis à jour le 3-02-2019 - 12:40]
En concédant la victoire au camp du NON, Jacques Parizeau mettait tout son poids derrière l'idée que le droit de la nation

dimanche 27 janvier 2019

François-Albert Angers avait tout compris dès 1980


Un patriote exemplaire, un opposant au libéralisme

 Avec 40 ans d'avance, Angers avait prévu le déclin du souverainisme


« Un grand intellectuel hongrois, Istvan Bibo, a déploré la déformation de la culture politique des pays de l'Europe centrale et orientale, souvent incapables d'analyser de manière lucide les phases les plus douloureuses de leur propre histoire. »  
Guy Laforest 
Pour certains, le déclin du souverainisme commence avec le référendum de 1995. Pour d'autres, il commence beaucoup plus tôt. Nous tâcherons d'échapper à la « déformation de notre culture politique » pour « analyser de manière lucide les phases les plus douloureuses » de notre propre histoire récente.

*    *    *
Pour l'avoir croisé quand je commençais à m'intéresser aux affaires publiques, j'ai gardé le souvenir d'un François-Albert Angers électrisant. Il volait littéralement de tables en tables dans une salle pleine à craquer où les représentants de quelques 200 associations venaient de créer le Front Québec français. Directeur de L'Action nationale(1) et président de la Société saint-Jean Baptiste, Angers était la roue motrice derrière cette grande coalition contre l'infâme Bill 63. Un projet de loi (1969) qui confirmait aux immigrants le libre choix linguistique de l'école publique. C'était donner à ceux qui cherchent d'abord à s'installer au pays le pouvoir " individuel " de grossir les rangs de la puissante minorité anglophone ou de joindre la majorité francophone. L'opposition était vive. On descendra dans la rue pendant qu'au parlement batailleront les députés Yves Michaud, Antonio Flamand, Jérôme Proulx. Ce dernier dira : le « bill 63 » place les choix individuels au-dessus du « bien-être de la collectivité et des intérêts supérieurs de la nation». 

Certes, si je rappelle ces faits c'est pour présenter François-Albert Angers, donner une idée de sa carrure, avant de reproduire les meilleurs extraits de son analyse du référendum de 1980. Je rappelle aussi ces événements pour mettre en relief la mobilisation massive des organisations syndicales, patriotiques et de la société civile, alors que de telles mobilisations générales apparaissent impensables aujourd'hui. L'enthousiasme populaire, par moments irrésistible, qui avait accompagné la montée de l'indépendantisme a disparu. Dans l'histoire, il n'est pas naturel qu'une cause juste s'efface de la sorte. Il est d'ailleurs superflu de revenir sur la dernière élection pour démontrer l'effondrement. C'est dans ce contexte de fin de cycle que je convoque François-Albert Angers car, par-delà presque quatre décennies, il a des choses précieuses à nous dire. 

*    *    *

À quoi faudrait-il attribuer l'indéniable  déclin ? Dans l'analyse parue à l'automne 1980 (2), F-A Angers mettra en pièces l'adhésion finale du PQ au libéralisme philosophique et politique. Sans mentionner explicitement le libéralisme, il fera remonter ce changement majeur, qui en a tous les aspects, à « une dizaine d'années ». En fait, il faudrait plutôt prendre le congrès de 1974, le congrès de l'étapisme, comme le marqueur du basculement définitif du souverainisme dans le giron de la pensée libérale.

Qu'entend-on par libéralisme ? Pour le dire tout simplement, c'est la doctrine de la prépondérance des droits individuels. Doctrine dominante au Canada, c'est sur elle que Pierre-Elliott Trudeau fondera la constitution de 1982 et imposera la charte des droits. Très tôt, le souverainisme québécois s'était retranché dans une position défensive par rapport à cette doctrine. Ne parvenant pas à la contrer sur le plan de la philosophie politique, ne voulant pas le faire parce que ce combat de fond s'accordait mal avec l'électoralisme,(3) il fera preuve d'une totale incapacité à lui opposer une autre légitimité : celle de la défense des droits collectifs, dont relève le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Le PQ esquivera donc la bataille des idées qui pouvaient ordonner correctement les principes de droit individuel et de droit collectif, une bataille que mèneront néanmoins un certain nombre d'intellectuels. 

Par l'adoption du libéralisme, le PQ mettra en veilleuse, dès le congrès de 1974, le droit de la nation historique canadienne-française/Québécoise francophone à disposer de son destin. Il était pourtant clair, et ce l'est toujours, que dans le contexte d'un mouvement d'émancipation national, raison première de la création du Parti québécois, se ranger sur une ligne de primauté des droits individuels à la Trudeau était un poison, un cancer, une ruine. Par conséquent, d'un mouvement lancé pour que le peuple conquis de 1760 accède à la liberté d'aménager le territoire du Québec à son image, on fera du souverainisme un mouvement pour fonder au Québec un petit Canada, toujours tenté d'accorder aux droits individuels une valeur prépondérante sur les droits collectifs. Toujours enclin à à charger ces derniers d'une connotation suspecte, voire totalitaire. Dès 1974, le PQ penchera vers les valeurs canadian du multiculturalisme. Il adoptera la conception d'une «nation» définie par un patriotisme civique, qui résistera de plus en plus à en appeler au caractère sociologique, culturel et historique de la société qui était, à la base, l'objet même du mouvement de libération. 


François-Albert Angers (1909-2003)

Le Canada ne reconnaît que des individus, des électrons libres réunis par des services sociaux et une charte des droits individuels. L'individualisme exacerbé qu'il promeut tend à faire disparaître toute notion de  « droits collectifs » et de « droits nationaux ». En réalité, sous des dehors égalitaires irréprochables, la doctrine libérale, sans le contrepoids des droits nationaux qui sont une nécessité vitale pour les petites nations, devient simplement un totalitarisme à façade vertueuse. Le manquement du péquisme à défendre le droit national comme un prolongement des droits de l'homme, comme un prolongement de la nature sociale de l'individu incarné dans la nation, est, pour beaucoup, ce qui l'a fait sombrer dans l'insignifiance prévue par François-Albert Angers. (4)


Plusieurs biographes se plaisent à cataloguer Angers dans le camp du nationalisme traditionnel de droite. Bizarrement, ce n'est pas un « traditionaliste » qui se révèle à la lecture de son analyse, mais un esprit que le libéralisme ne pouvait corrompre. Dans sa critique d'une rare lucidité et d'une grande clairvoyance, il défendra des positions dévastatrices contre le virage étapiste. Il avertira du déclin inéluctable du PQ. Ses conclusions seront celles d'un visionnaire. Son analyse rappellera aux plus vieux qu'ils ont eu tort de ne pas prendre au sérieux ses mises en garde; elle apprendra aux plus jeunes qu'une voix libératrice s'était bel et bien exprimée sans trouver son écho. Au point tel que Jacques Parizeau continuera dans les mêmes ornières, avec les mêmes résultats, poursuivant le même déclin. Néanmoins, pour son oeuvre, il aura droit aux mêmes éloges qu'on avait déjà décernées à René Lévesque. Mais l'histoire n'a pas fini de départager tout cela. D'autres biographes viendront écrire des bilans politiques moins empreints d'une compatissante solidarité avec tout ce qui a échoué.

Les conclusions de F-A Angers seront sans appel, 
« Nous allons perdre notre Québec même en accédant à l'indépendance politique » 
et plus loin, 
« En fait, si nous insistons pour n'être que des Québécois, notre sort se réglera vraisemblablement en fonction de la confusion qui en résulte. Notre histoire nationale propre vient pour ainsi dire de se terminer. »
*   *   *

APRÈS LE RÉFÉRENDUM II



La cause fondamentale du Québec indépendant a changé de sens      « ...depuis la fondation du RIN jusqu'à l'opération référendaire du gouvernement issu du parti Québécois, la cause fondamentale du Québec indépendant a changé de sens. Et à un point tel, à travers les divers épisodes référendaires, que la légitimité même de la cause québécoise se trouve compromise. Mais de cela le parti Québécois, comme le gouvernement Lévesque, ne sont pas seuls responsables, même si on ne peut exonérer trop facilement ce dernier d'avoir développé des complexes qui n'allaient pas de soi et, qui ont tendu à desservir, sinon à trahir même la véritable cause québécoise. 


Mise à l'index du nom des fondateurs du Canada et de nos valeurs
« La cause est québécoise parce qu'il s'agit d'un territoire ayant nom, le Québec, qui réclame son indépendance. Mais il reste qu'une des principales raisons de la confusion où nous sommes tombés vient de ce que la nouvelle génération des néo-nationalistes indépendantistes des années 1960 a voulu rompre avec l'histoire qui avait fait de nous, d'abord les seuls vrais Canadiens et fondateurs du Canada, à quoi s'était ajoutée la distinction de "Canadiens-Français", quand les Anglais vivant au Canada ont voulu se dire aussi des "Canadians". Dans un sursaut de fierté anti-colonialiste mal dirigée, on a voulu mettre à l'index jusqu'au nom "Canadien", pour ne plus être que des "Québécois". Cela a correspondu d'ailleurs avec un processus général de répudiation des valeurs que véhiculait notre histoire nationale, de construction d'un nouveau nationalisme proprement québécois qui n'aurait rien de commun avec l'ancien, dont on voulait totalement se dissocier. 

L'expression québécois n'avait pas d'histoire et allait nous engager dans une lutte de signification
Les tenants du changement de nom 
« ...n'ont pas assez tenu compte que l'expression "Québécois", elle, n'avait pas d'histoire et que tout le monde, ne la comprenant pas ou se refusant même à la comprendre comme eux, allait nous engager dans une lutte de signification de ce qu'est un Québécois. Tant que nous nous disions Canadiens-Français, personne d'autres que nous ne pouvait s'identifier à notre histoire, à nos droits, sans accepter de s'identifier à nous, tels tant de Canadiens-Français qui portent effectivement des noms anglais, irlandais ou écossais. 

La dérive libérale Renoncement au droit imprescriptible d'un peuple à disposer de lui-même remplacé par le concept démocratique libéral qui accorde aux deux nations le droit de se prononcer sur le sort de la nation demanderesse.

« Dès que nous nous sommes dits Québécois s'est amorcée la prétention de beaucoup d'autres d'être Québécois autant que nous. Nous venions de leur offrir la chance de nous voler non seulement notre nom, mais notre pays même du Québec. Et notre gouvernement issu de la pensée indépendantiste a donné une sorte de sanction légale à ces prétentions en établissant le droit de vote au référendum de l'auto-détermination sur la citoyenneté canadienne et la résidence au Québec, et non pas sur l'appartenance nationale qui fonde ce droit. Le prétexte? Il lui fallait se comporter ainsi pour agir en bon démocrate et en esprit dépourvu de tout préjugé raciste. Le sort d'une nation, de notre nation, a été ainsi remis aux mains d'une proportion importante de Québécois qui n'en font pas partie. 

Le libéralisme évacue les droits nationaux qu'il transforme  en droits de la majorité.
« Dans cette nouvelle perspective, le caractère français du Québec n'est plus qu'une question de majorité actuelle, non plus une question de droits nationaux fondamentaux, historiques, donnant droit de réclamer la latitude d'aménager le territoire en nation française de langue et de civilisation. La nouvelle situation présuppose que les autres groupes ne se distinguent de nous que par le nombre, et constituent des communautés aussi valides que la nôtre et dont nous devons, comme majorité, respecter les particularités en renonçant aux efforts d'intégration et d'assimilation, exactement comme nous avons fait; mais nous de plein droit dans l'intérieur du Canada comme minorité. 

La nation qui est à l'origine de toute cette action pour un Québec indépendant est en train de se laisser dessaisir de la propriété du Québec
F-A Angers caractérise ainsi l'arnaque référendaire :
Autrement dit :

   « la nation qui est à l'origine de toute cette action pour un Québec indépendant est en train de se laisser dessaisir de la propriété du Québec qu'elle réclamait en affirmant son droit à l'autodétermination. Elle admet la règle que la minorité "étrangère", coalisée avec une minorité des membres de la nation, puisse décider de l'avenir politique de celle-ci et de son orientation culturelle. Actuellement "française et pluraliste" dit-on, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'une autre majorité s'estime justifiée de la déclarer autre selon l'état de majorité ou de minorité des groupes qui fondent le pluralisme. 

Nous avons été les seuls Canadiens jusqu'à la guerre de 1914 - Two nations at war
« Michel Brunet avait trouvé la vraie formule, celle qui a de la substance, quand il refusait de traduire les termes et distinguait au Canada deux nations: les "Canadiens" formant une nation sociologiquement bien caractérisée mais privée de son État, et les "Canadians", nouvelle nation en formation à l'intérieur du territoire enlevé à la France et tentant de nous éliminer par émigration, assimilation ou minorisation à l'état d'insignifiance par noyade dans un flot d'immigrants. C'était reconnaître le fait, qui ne pourra jamais être changé, que nous sommes et avons été les seuls Canadiens, on peut dire au moins jusqu'à la guerre de 1914. Même cette distinction sémantique que nous nous sommes laissé imposer, sur la différence de sens du mot "nation" en anglais et en français, est en bonne partie de la foutaise que nos trop grands soucis de bonne entente nous ont fait gaver pour nous faire accepter comme normal que les Anglo-Canadiens ne nous considèrent pas "as a nation". Séraphin Marion montrait, dans Le Devoir du 9 ou 10 juillet .1980, que tous les auteurs anglais d'avant 1850 parlaient de nous comme étant "la nation canadienne". 
Et je répète encore une fois que Lord Durham, dans sa formule célèbre parle de "two nations at war in the same State"

Précisions importantes sur la graphie canadienne-française
« L'addition du mot "français" à Canadien est devenue nécessaire parce que des Anglais ont voulu à un moment donné se considérer comme "Canadians" et que nous avons voulu bien préciser notre différence en cas de traduction. Canadiens-Anglais et Canadiens-Français expriment donc bien ce que nous sommes respectivement comme nations, et non les termes Québécois, Ontariens ou Albertains, etc. Et nous aurions dû garder, comme Benjamin Suite, l'écriture "Canadien-Français", plutôt que le "Canadien français" imposé par l'autorité littéraire d'Olivar Asselin. La seconde ne distingue pas une nation canadienne-française, mais une nation canadienne comprenant comme qualificatif, et non comme substantif, des gens d'expression française. L'autre est le nom composé d'un peuple d'origine française qui a fondé le Canada et s'y est développé en formant une nouvelle nation.

Angers réfute deux arguments
a- Les Canadiens-français des autres provinces 
« Il est bien évident que les Canadiens-Français des autres provinces continuent d'appartenir à la nation, comme restent Français tous les Français hors de France qui maintiennent leur attachement à leur patrie d'origine. Cela ne veut pas dire qu'en continuant de nous appeler Canadiens-Français nous étions obligés de faire participer à nos décisions du Québec ceux qui ont quitté celui-ci...
b- La nation ethniciste 
« N'y a-t-il pas déjà au Québec tous les Harvey, les Murray, les Warren, les McNicoll, les Blackburn, les Fraser, les Allen, etc., pour régler ce débat. 

Les Québécois, tel que nous avons accepté de les laisser définir pour la participation au référendum, ont-ils droit à l'autodétermination? 
« Problème éminemment sérieux donc que cette confusion autour du "Québécois", car elle met en jeu le fondement même de notre légitimité à revendiquer le droit à l'autodétermination dans l'intention de pouvoir construire nous-mêmes le Québec de demain. Car la question se pose: les Québécois, tel que nous avons accepté de les laisser définir pour la participation au référendum, ont-ils droit à l'autodétermination? Je crains fort que la réponse ne soit: NON! Car ce Québec-là n'est pas propre aux seuls Canadiens-Français, peuple conquis, réclamant comme tel, et légitimement comme tel seulement, sa libération. Ce Québec-là est un produit de l'histoire canadienne et sur lequel le Canada a des droits si ce n'est pas la primauté des nôtres que nous affirmons. 

Nos droits nationaux ne relèvent pas du principe démocratique mais du droit des peuples 
« Car le droit à l'autodétermination ne relève pas du principe démocratique, mais du droit des peuples, des vrais peuples à disposer d'eux-mêmes. Et le Québec de "tous les Québécois" indifférenciés n'est pas un vrai peuple, mais une partie de ce peuple canadien qui tient la nation canadienne-française en sujétion. 

« Ne voit-on pas le ridicule de parler du droit à l'autodétermination, par rapport au Canada, des Canadiens-Anglais vivant au Québec? Pour eux, voter "oui" au référendum eut équivalu à une trahison de leur vrai pays, le Canada; une injure à la nation "Canadian" dont ils font partie. Leur demander de dire "oui" à notre autodétermination? 

Les scrupules loufoques de René Lévesque ( plaidés par Claude Morin) 
« Situation complètement loufoque, dont un René Lévesque n'a pas su se tirer en raison de faux scrupules démocratiques et d'une peur quasi morbide de tomber dans le racisme, alors que ce dont il s'agissait, c'était d'avoir le courage d'affronter la vérité contre les déchaînements de faussaires de la démocratie soucieux de leurs privilèges et de leur domination. 

L'absolutisme des libertés individuelles, amenées par le libéralisme ont annihilé le droit et les libertés collectives. Le Québécois reconduit la mollesse de caractère du Canadien-français, trait dont il croyait s'être détaché  par la magie d'un changement de nom. Ce que souligne Angers relève du fait que nous nous soyons trop présentés comme une majorité au Québec, certes une majorité statistique mais une minorité sociologique, négligeant  aussi d'insister sur la minorité crue que nous sommes dans le sens canadian et combien déterminant de notre existence.
   « Mais pourquoi ne blâmer qu'un René Lévesque, alors que j'ai vu tant de nos nationalistes même les plus traditionnels se sentir tout honteux à la seule pensée qu'on pourrait nous accuser de racisme parce que nous tenterions de faire reconnaître les exigences du plus élémentaire bon sens: à savoir que doivent voter sur un tel problème, ceux-là seuls qui appartiennent, non pas à un certain territoire, mais à la nation concernée. Ferions-nous voter tout le Québec s'il s'agissait de savoir si les Inuits veulent s'autodéterminer? Cela qui nous paraîtrait d'un ridicule achevé ne l'est pas moins même si les "étrangers" ne sont que 20% du Québec. 

Le droit à l'auto-détermination supplante et ordonne le principe démocratique 
   « Non, le droit à l'autodétermination ne peut pas être fondé sur l'idée de démocratie, car on aboutirait à l'absurde. Au nom de la démocratie, n'importe quelle section de territoire, n'importe où, pourrait décider de se séparer si tel le voulait la majorité de ses habitants. Les Montréalais pourraient décider demain de former un pays indépendant, et ainsi de suite du Saguenay-Lac-Saint-Jean, etc. Le droit à l'autodétermination est une affaire de nation, c'est-à-dire de communauté ayant une histoire, de vie en commun, dans un état d'affinité généralement linguistique et culturel, etc., avec l'exigence de l'occupation historique d'un territoire, qui rend praticable l'exercice du droit. Ce droit supplante et ordonne le principe démocratique auquel il interdit de pouvoir briser la communauté nationale sur la base de fantaisies individualistes majoritaires.

   « Et au moment de l'exercice du droit, il est proprement absurde de faire voter des personnes qui sont en dehors de la communauté concernée. Cela, qui devient si difficile à saisir, et même à admettre dès qu'on fait intervenir le terme "Québécois", saute aux yeux si on parle des Canadiens-Français.


Que sont les anglo-canadiens qui vivent au Québec ?
« Mais alors que faire des Anglo-Canadiens qui vivent avec nous depuis presque toujours et qui s'estiment aussi Québécois que nous? Ils s'estiment peut-être aussi Québécois que nous parce qu'ils aiment vivre physiquement au Québec à leur façon. Mais s'ils restent Canadiens-Anglais, ils ne sont évidemment pas Canadiens-Français de quelque façon que ce soit. Ils ont leur citoyenneté canadienne, mais ils n'ont pas encore les qualités d'une citoyenneté québécoise qui devrait se définir en fonction de la communauté francophone du Québec si celui-ci était, avait été ou devenait un pays indépendant. 

Nous allons perdre notre Québec même en accédant à l'indépendance politique 
« Aujourd'hui, après le référendum, après que contre tout principe valable, que par faux démocratisme et à l'encontre de tout bon sens, nous avons accordé le droit de se prononcer sur l'autodétermination à tous les Québécois canadiens sans distinction d'appartenance nationale autre que canadienne, une réflexion sérieuse va s'imposer à ceux qui songent encore à un Québec indépendant quant à savoir quelle sorte de Québec ils veulent construire. Et si c'est un Québec français qu'ils envisagent des redressements majeurs d'attitudes vont s'imposer. Dans la perspective de l'évolution actuelle, ce qui se prépare, c'est un tout autre Québec que celui que nous avons travaillé à libérer: un Québec bilingue et biculturel, multilingue et multiculturel. Nous allons perdre notre Québec, même en accédant à l'indépendance politique. 

Le souverainisme libéral admet le droit de la minorité de nous déposséder 
« Le Québec que nous voulions libérer, c'est le Québec conquis en 1760 et qui a vécu depuis sous divers régimes d'occupation de types constitutionnels plus ou moins élargis en termes de libertés démocratiques. Nous songions qu'un jour, ce Québec-là, le Québec des Français canadiens, foyer d'une nation, se prononcerait lui-même avec tous ceux qui l'ont joint, pour faire rayonner en Amérique une civilisation franco-québécoise. Or ce n'est pas ce Québec-là qui est impliqué dans l'oeuvre mise en train par le gouvernement actuel au référendum. C'est un Québec curieux, bigarré, dont on ne peut pas dire que son peuple désire, ou peut désirer sa libération. Oui! Mais la majorité fait la règle du jeu, rétorque-t-on. — Mais, justement, cela n'a rien à voir avec la question. Encore une fois, ce n'est pas un problème de majorité, mais de droit que nous pouvons avoir comme nation de leur réclamer en justice la liberté de disposer de nous-mêmes. Si ce n'est pas cela, c'est qu'alors nous admettons leur droit de nous déposséder éventuellement quand ils auront pu devenir majorité faute d'avoir été assimilés. 

Notre histoire propre, notre épopée en Amérique vient de se terminer
« En fait, si nous insistons pour n'être que des Québécois, notre sort se réglera vraisemblablement en fonction de la confusion qui en résulte. Notre histoire nationale propre vient pour ainsi dire de se terminer. Avec notre population décroissante, vieillissante, par dénatalité, le développement économique du Québec, en s'activant, va appeler un peuplement croissant d'immigrants de toute sorte devant qui nous démissionnons en leur conférant tels qu'ils sont les mêmes droits que nous de décider de l'avenir du Québec. Cela pèsera encore plus fort pour le "non" dans de prochains référendums. (...) Autrement, notre sortie du Canada deviendra chaque jour plus impossible, pendant que notre proportion dans l'ensemble canadien se dégradera rapidement, donc notre influence à Ottawa. Et dans Québec même, notre proportion s'amenuisera, quoique plus lentement; à la faveur de quoi grandiront les réclamations multiculturelles résultant de notre renonciation à la liaison "Québécois" et "intégration ou assimilation à la nation originelle". 

Un OUI de « tous les Québécois » accoucherait d'un petit Canada 
« De sorte qu'un "oui" ne résoudrait guère mieux le problème pour autant qu'il reste posé dans la perspective "québécoise" actuelle plutôt que canadienne-française. Un "oui" massif obtenu avec la collaboration des anglophones et des allophones dans l'équivoque du droit à la non-intégration, créerait les bases d'un Québec nouveau. Car alors, ceux-là s'estimeraient reconnus comme des communautés distinctes, pourvues de droits et se retrouvant, au Québec, dans la même position que nous avons soutenus être à l'intérieur du Canada. Ils nous réclameraient leur droit de rester eux-mêmes en raison même du droit que nous leur avons concédé de décider avec nous selon leur entité propre. 


La théorie des « droits acquis » devient la théorie des « droits consacrés »
« Lors du débat sur la langue à propos du bill 63, j'ai fait remarquer, dans mes analyses de L'Action nationale, que la façon dont René Lévesque conduisait son argumentation d'opposition, en fondant les droits des anglophones sur une théorie de droits acquis, engageait le Québec dans la voie de la formation d'une seconde Belgique, c'est-à-dire d'un pays finalement bilingue, non pas d'un vrai Québec français. Grâce à Camille Laurin, la loi 101 nous a évité les confusions les plus flagrantes en réduisant les droits statutaires reconnus des anglophones au rang d'un privilège consenti généreusement en raison de considérations historiques spéciales, non en vertu d'un droit fondamental réel; et en orientant toute la loi dans le sens d'une francisation totale de toutes les autres institutions. Ainsi s'est affirmée l'existence et se sont fondées les bases d'un Québec français linguistiquement parlant, qui laisse sous-entendre nos droits, non pas de majorité démocratique, mais de nation possédante du Québec, d'en faire un pays de culture "québécoise" au sens, qu'il faut inéluctablement faire intervenir si l'on veut se comprendre, de "canadienne-française". 

« la nation possédante de droit et seule justifiée d'exercer ses droits pour construire un Québec de culture... canadienne-française. »
« Mais cette législation restera bien fragile et finira par sauter, si dans tout le reste de notre politique nous ne nous affirmons pas comme la nation possédante de droit et seule justifiée d'exercer ses droits pour construire un Québec de culture... canadienne-française. Car si je dis "québécoise", tous les "Québécois" tels que nous les avons fait voter au référendum sur leur libre disposition d'eux-mêmes, tels qu'ils étaient, — réclament le droit perpétuel de rester ce qu'ils sont, de se développer comme communauté anglaise, italienne, allemande, ukrainienne, etc. Et il n'y a plus une nation du Québec de culture bien définie, mais une nouvelle nation québécoise en formation dont la culture ultime sera le résultat d'un mixage plus ou moins complet des cultures des différentes ethnies selon leur bon vouloir. En ce sens, le "non" massif de l'élément non-canadien-français de la population québécoise sauve en partie la situation en faisant la preuve concrète de l'erreur commise; et nous permet de nous reprendre. 

 « Mais c'est notre histoire nationale, les droits historiques qui en découlent pour fonder notre autorité qui, seuls, nous justifient de réclamer la possession fondamentale et le droit d'aménager le Québec selon notre culture par l'intégration et l'assimilation graduelle de ceux pour qui nous sommes une terre d'asile, de liberté et de prospérité. Et non pas notre majorité qui n'est en la matière qu'instrumentale dans la possibilité de faire valoir nos droits. Serions-nous minorité, ou le deviendrions-nous que nos prétentions n'en seraient pas moins fondées, quoique évidemment plus difficiles à exercer. 

Jugement sur l'Action nationale - le libéralisme gangrène nos institutions les plus respectées
« Inutile de dire que dans la tradition de L'Action nationale, le nouveau Québec "français et pluraliste" dont parlent d'aucuns est trop plein de l'équivoque du Québécois indifférencié pour ne pas risquer d'être une trahison de la lutte séculaire pour un Québec français. Ce qu'il s'agit de faire respecter ce sont les droits de notre nation française d'Amérique de retrouver la possession pleine et entière du territoire national qui lui reste de sa longue histoire de lutte pour le triomphe d'un lieu de civilisation française en Amérique.

Droits de minorités ethniques et intégration à la culture nationale
« Cela ne veut pas dire que nous nions les droits individuels des minorités ethniques qui habitent avec nous de conserver à leur guise leur langue et des traits de leur culture originelle, qui ne peuvent qu'être une cause d'enrichissement de notre propre culture. Mais cela veut clairement dire que nous devons cesser d'avoir peur de parler d'une politique intelligente et humaine d'intégration de ces ethnies à notre culture nationale de façon que leurs membres deviennent progressivement de véritables Québécois-Canadiens-Français avec les générations. Il nous faut cesser de nous laisser rendre honteux, par la propagande anglophone répandue chez nous par les ethnies, de parler d'intégration et même d'assimilation des minorités à notre civilisation. 

Tant de confusion depuis dix ans - 1970 - en fait, 1974,  cinquième congrès du PQ, qui a été le congrès de de la soumission tout azimut à la doxa du libéralisme
« ...nous avons malgré nous généré tant de confusion depuis dix ans. Que nous nous désignions comme Québécois ou comme Canadiens-Français, il va nous falloir remettre de l'avant avec beaucoup de force et de détermination, par une surenchère de coeur bien dirigé, l'essentiel: à savoir que le Québec est la partie du Canada (historique nous n'y pouvons et n'y pourrons jamais rien) nettement destinée par toute son histoire à incarner le fait français en Amérique. Et qu'il n'est pas question d'en démordre, si antidémocratiques ou racistes qu'on puisse nous prétendre pour cela. 

« Ce qui est indéniable, c'est que dans notre situation historique, il est plus facile de faire passer et accepter notre cause en nous définissant comme Canadiens-Français plutôt que comme Québécois. La preuve en est maintenant faite par les confusions dans lesquelles cette dernière notion a fait tomber même nos chefs supposément les plus avisés. Mais si on n'y peut plus rien psychologiquement; par rapport à nous, à cette "fierté d'être Québécois" qui en a motivé plusieurs, alors que cette fierté nous pousse à vouloir trouver, à partir de là, la formulation plus significative capable de nous tirer de la fraude dont nous sommes en train de devenir les victimes consentantes. Il faut nous rendre compte comme avec Michel Brunet pour le terme "canadien" qu'il y a à distinguer pareillement deux sortes de Québécois; parallèlement aux expressions "Canadiens" et "Canadians", il y a des "Québécois" et des "Quebeckers". De sorte que parallèlement encore et pour fins de distinction en traduction, il faudrait parler de "Québécois-Français" et de "Québécois-Anglais", dont ressortira l'évidence que le droit à l'autodétermination ne concerne et ne peut concerner que les Québécois-Français, les autres ne pouvant nullement y être impliqués, sauf par rapport au droit des Québécois-Français de le leur imposer en s'auto déterminant. Les considérations de politique électorale, de langage édulcoré sur le sujet pour gagner le vote des autres ne doivent plus être tolérés par rapport à cette ligne droite. Si nous ne sommes pas disposes à affronter les exigences d'une politique d'autodétermination, n'en parlons plus et passons à autre chose. 
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Sur le même sujet : https://gilles-verrier.blogspot.com/2018/10/puis-vint-lexperience-du-parti-quebecois.html
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1- François-Albert Angers est celui qui occupera le poste de président de l'Action nationale le plus longtemps, soit de 1954 à 1986, poste qu’il cumulera avec celui de directeur de la revue ( L'Action nationale ) de 1959 à 1967. 

https://action-nationale.qc.ca/recherche-par-auteur/numeros-2017/307-janvier-fevrier-2017/999-histoire-de-la-ligue-d-action-nationale

2- Notre référendum 1 et 2. Le texte complet de  « Notre référendum II » se trouve ici :
http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3531775

La première partie, que nous ne traitons pas dans cet article, critiquait sévèrement l'électoralisme du Parti québécois, adopté également lors du cinquième congrès, le congrès de l'étapisme, en novembre 1974.