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mardi 10 juillet 2018

Le Québécois et le consentement à l'usurpation d'identité !

Trouble d'identité chez les descendants des vaincus !

Sur la piste du rare fait de colonialisme au sein même de colonies de peuplement européen. Troquer son nom pour une identité nouvelle crée par la Couronne anglaise. Étrangeté ou normalité du colonisé ? 

mardi 19 juin 2018

Quel sort attend ces « six millions » qui n'ont pas la foi facile ?

Pour prendre un chiffre au hasard, on va dire que nous sommes six millions à douter du récit officiel sur l'holocauste. La plupart discrètement ou en silence. L'immolation occasionnelle d'une victime sur la place publique (*), sert à rappeler aux goys que le pouvoir juif se vérifie par sa puissance à empêcher qu'on en parle. 

dimanche 3 juin 2018

L'approche légaliste d'André Binette et l'approche légitimiste de Christian Néron

Le OUI Québec et l'esquive la contradiction principale - Légalisme Vs Légitimiste 

L'approche légaliste sans l'approche légitimiste s'inscrit dans ce que Christian Saint-Germain appelle le « souverainisme de collaboration ». Le légalisme se conforme au système - est de l'intérieur du système - Vs le légitimisme qui pose sur lui un regard plus distant, enrichi de synthèses historiques et de connotations méta-politiques. 

Trudeau fait la promotion de l'espionnage conjoint des pays de l'anglosphère

Alors que les médias ont rapporté une profusion de nouvelles sur la collecte d'informations par Facebook et autres géants d'Internet, des organisations secrètes qui constituent une menace majeure pour notre vie privée et la sécurité publique sont rarement mentionnées. Quand elles le sont, c'est que les politiciens veulent louer leur activité et leur offrir plus d'argent pour espionner.

mardi 29 mai 2018

Le bilan de Lucia Ferretti sur l'emprise de l'état fédéral - extraits


L'Action nationale 
Avril 2018, pp. 29 à 68

Note : Les caractères gras, le jaune et les intertitres sont de moi.
« Pour tout résumer en quelques mots, on peut dire que l'ordre provincial de gouvernement est en voie de désintégration au Canada

lundi 28 mai 2018

Le souverainisme de collaboration et l'esquive de la contradiction principale



1- Le pouvoir provincial en voie de désintégration

Dans l'Action nationale (avril 2018), Lucia Ferretti nous offre un dossier solide - extraits ici -  qui met en lumière l'érosion des pouvoirs du Québec.

jeudi 10 mai 2018

Situation coloniale au Canada

[ augmenté et mis à jour le 16 mai 2018 ]

Rappel historique pour ceux qui n'auraient pas étudié l'histoire du Canada 

Au lendemain de la Conquête, la population à l'ouest du Misissippi et au nord des treize colonies était à plus de 90 % néo-française.

jeudi 3 mai 2018

Jean-François Lisée un Claude Morin 2.0 ?



Sur-titre : J-F Lisée, un Claude Morin 2.0 ?
Titre : La Loi 99, Lisée et la décomposition
Sous-titre : La canadianisation de l'indépendance 
« Le bilinguisme n'est que l'illustration de la décomposition entamée avec l'absence de conscience de ce que les défaites défont. »  


mardi 17 avril 2018

Ce n'est pas le chef qu'il faut changer mais tout le paradigme national

Ce n'est pas le chef qu'il faut changer mais le paradigme national

Le nouveau programme du Bloc québécois - rien n'a changé !


Si nous restons dans le paradigme du néo-nationalisme des années 1960, ce n'est pas le remplacement de Lisée, que certains commencent à réclamer, qui changera quelque chose sur l'essentiel. Certes, Jean-François Lisée a eu tort de vouloir mettre de coté la question

vendredi 13 avril 2018

L'heure est venue de renverser la table

[ Dernière m-à-j le 1er mai 2018]


Chers amis,

Depuis le 27 août 2017, j'ai publié une série de chroniques qui frappent sur le même clou. Le paradigme péquiste ( y compris dans ses formes dérivées qu'était Option nationale, mais aussi le Bloc québécois et Québec solidaire) ne peut résoudre la question nationale et ne mérite pas notre appui. Le jugement peut paraître sévère mais il est justifié. Voici pourquoi. 



Mettre à l'écart le néo-nationalisme 
Au cours de la rédaction de cette dizaine de chroniques j'ai pu approfondir ma réflexion et procéder à des recherches qui confirment mon idée de la nécessité de mettre à l'écart le néo-nationalisme qui nous endort depuis cinquante ans. La démonstration à laquelle je m'applique à partir de mes analyses est sans appel. 

Premier constat, le Québec est une province bi-nationale du Canada, une réalité déniée par le péquisme qui la représente comme un État uni-national.
Deuxième constat, cette province est entièrement dominée par Ottawa et sa minorité démographique anglo-saxonne au Québec. La minorité anglo-saxonne n'est pas une minorité. Elle constitue en fait une majorité sociologique, une partie de la nation canadian au Québec, ce qui lui garantit le pouvoir d'imposer son veto sur l'avenir politique des Québécois canadiens-français. On pourra qualifier ce rapport de domination comme on voudra, mais il s'agit en fait de colonialisme institutionnel. 
Troisièmement, le paradigme péquiste, repris par QS et le BQ avec des modalités qu'essaie d'aplanir le OUI Québec, a passé le rouleau compresseur sur la nation canadienne-française socio-historique, la seule qui a intérêt à mettre fin à l'inégalité constitutionnelle et qui détient toute la légitimité pour le faire. La disparition du Canadien-français a servi à nier la bi-nationalité et le rapport colonial évoqués dans les deux premiers constats.

Cette nation ethnique, sociologique, historique, culturelle - des expressions à peu près équivalentes - a été reconnue comme telle par les Pères de la Confédération quand ils interpelaient les « descendants des vaincus » pour qu'ils soutiennent le projet de confédération débattu en assemblée constituante par les parlementaires en 1865. La mise en perspective du rapport colonial apparaît limpide et complète avec la désignation des conquérants comme « les descendants des vainqueurs ». Si la Confédération promettait alors d'être un pacte qui donnait l'espoir de réparer les effets de la Conquête par l'octroi de vastes pouvoirs aux descendants des vaincus, il n'en fut rien.  Les promesses solennelles faites aux Canadiens-français pour obtenir leur appui - en somme de perfides mensonges - constituent toujours un motif légitime pour mettre en cause l'ordre constitutionnel canadien. Traités en égaux lors de ces débats, les Canadiens-français ne le furent jamais plus. Peu après, on commencera à les plumer comme des alouettes. C'est une première injustice qui a été laissée sans contestation par le péquisme et ses dérivés, qui refusent de monter au créneau pour combattre le péché mortel qui entache le fédéralisme au Canada.


Mais ce n'est pas tout. En plus d'avoir été reconnus parce qu'on avait pris la peine de leur adresser distinctement des promesses, les Canadiens français jouissent d'une autre légitimité : celle d'avoir été les fondateurs du Canada. Il vaut la peine de s'y arrêter un moment car nous parlons d'une entreprise humaine réalisée par voie d'alliances avec les peuples indigènes, qui ouvrirent ensuite les portes du continent aux Français et Canadiens. Un modèle positif, un cas unique dans l'inévitable rencontre entre l'Europe et l'Amérique, une véritable épopée. Du coté des anglo-saxons, c'est 150 ans plus tard qu'ils s'imposèrent sur les premiers Canadiens et leurs alliés par la voie d'une conquête militaire. Voués à la solution finale par l'assimilation, les conquérants refusaient toujours, près de 250 ans plus tard, de renoncer à leurs privilèges sur les fondateurs, réitérant en 1981 leur refus de reconnaître l'égalité constitutionnelle entre les nations au Canada. Face à ces injustices, le péquisme avait la possibilité d'en référer au droit international coutumier, plaider pour mettre en cause la légalité d'un pouvoir constituant sur des populations soumises par la violence. Or, cinquante ans de péquisme n'ont pas permis de le faire ni même de se rapprocher de cette indispensable contestation. Cinquante ans de péquisme n'ont pas permis de mettre le Canada sur la défensive, ne serait-ce qu'une seule fois. On voit bien que la mise au rancart de la nation canadienne française ne s'est pas traduite par une plus grande pugnacité, bien au contraire. La montée d'un Québec uni-national a occulté les traces de l'oppression primitive et ne permet plus de se positionner en terrain solide pour contester les survivances du colonialisme anglo-saxon. Le péquisme, toujours complaisant avec le fédéralisme, n'a pas combattu le contentieux historique qui fait de nous des subordonnés, une situation qui évidemment ne peut être renversée en faisant fi de l'ignorer.

Du concept anglo-saxon de la nation péquiste

Le péquisme emprunte largement à la conception anglo-saxonne de la nation, une conception sur laquelle il a fini par s'aligner durablement. Dans ce cadre, la nation se confond avec l'État qui l'englobe. Une telle nation n'est qu'une projection mentale qui défie la réalité. On reconnaîtra ici la dominance de la dimension civique de la nation, qui va du haut vers le bas. En revanche, la conception « organique » de la nation, celle qui épouse la réalité et que nous revendiquons, s'élève du bas vers le haut et est formée à partir d'une communauté humaine socio-historique. 

En pratique, la conception péquiste de l'émancipation de la nation - quand il en est question - s'exprime dans l'ambiguité et nous place sur une défensive perpétuelle. Son aboutissement politique est suspendu au consentement référendaire de la nation dite civique, composée d'au moins deux nations avec leurs intérêts divergents, qui lui donnerait enfin sa légitimité. À cet égard, si le besoin d'établir la légitimité de la néo-nation civique québécoise peut avoir un sens, en revanche, la légitimité des fondateurs du Canada, les Canadiens (f) n'est pas à établir. Elle relève de faits historiques avérés et de sa reconnaissance réitérée dans les actes officiels,  notamment dans les débats constitutionnels pour faire accepter la Confédération par les « descendants des vaincus » en faveur des « descendants des vainqueurs ».  


Le péquisme, qui a déplacé notre allégeance nationale pour la reporter exclusivement sur une créature juridique postérieure à la Conquête, The Province of Quebec - décrétée par George III avec la proclamation royale du 10 octobre 1763 - a consisté à placer sur la défensive les fondateurs du Canada. Au lieu d'exiger du Canada des réparations à ses injustices nous nous sommes imposés le fardeau d'une légitimité référendaire inutile. Ce déplacement de notre combat historique pour l'égalité des nations, devenu celui d'une souveraineté néo nationale fantasmée, est à la fois une imposture et une rupture. Il a créé des difficultés nouvelles à l'atteinte de l'égalité défendue par les nôtres depuis la Conquête. Le péquisme a créé un nouveau légalisme néo national, alors que la lutte traditionnelle s'appuyait sur une légitimité historique sans faille. Elle réclamait et réclame toujours que, plus de deux siècles et demi après la Conquête, les privilèges coloniaux soient effacés et que l'égalité promise en 1865 soit enfin mise en œuvre. 

Un parti infiltré et qui ne s'en plaint pas 

Finalement, le PQ, parti infiltré par les services de renseignements fédéraux, et qui ne s'en est jamais plaint, n'a jamais combattu le fédéralisme que mollement et de manière très occasionnelle. Il faut reprocher à la délégation péquiste qui représentait le Québec lors des négociations constituantes de 1981 à Ottawa, de n'avoir servi qu'à réclamer la sauvegarde de pouvoirs provinciaux. Notre délégation se sera tue sur l'essentiel et ne revendiquera jamais l'égalité des nations. Un recul majeur par rapport à la tradition. Y a-t-il un lien à faire avec le fait que le négociateur en chef du Québec était un agent des services de renseignements canadiens et l'absence d'ambitions de notre cahier constitutionnel ? Plusieurs estiment que oui. Nous y reviendrons plus loin.    

La gauche, la droite, la dictature mondialiste et un peu de contexte personnel
Au terme de mes dix chroniques je revendique la fin de l'intermède. Je revendique la retour à notre nationalité canadienne. Notre véritable acte de naissance. Je suis conscient que faute de pouvoir se distinguer du conquérant, qui a usurpé notre identité (et on le lui rappellera au passage !) il faudra se distinguer de lui en se disant Canadiens-français. Avec un trait d'union pour marquer le caractère insécable de cette identité. À ce sujet, ayant eu des objections à droite, j'attends que l'on me taxe à gauche de droitiste et d'identitaire, ce qui ne me fera aucun pli tant mes antécédents sociaux ont été à gauche pour une moitié de ma vie. 

Un peu de biographie aidera à me situer. Après avoir vu passer le général de Gaulle sur la rue Sherbrooke, j'ai été candidat communiste aux élections fédérales (Manicouagan) et provinciales (Duplessis) au début des années 1970. Après avoir lu Marx, Lénine, Staline et fait mes classes en variant mes lectures, j'ai été militant et organisateur syndical. Mon père, cheminot, lui-même délégué syndical, a combattu l'unilinguisme anglais au CN, au risque de représailles pour lui-même et sa famille. Il aura ouvert la voie pour le jeune Bernard Landry dans son combat contre la discrimination personnifiée alors par Walter Gordon. Bref, j'en arrive à me situer sur la droite des valeurs ( conservateur - car tout anti globaliste ne peut être que conservateur ) et de la gauche du travail (car tout anti mondialiste ne peut être que pour l'équité sociale), un peu à la manière – retenez votre souffle - d'Alain Soral, qui vient de la gauche pour aboutir à une synthèse idoine, qui ne renie pas un certain marxisme attaché à la dialectique matérialiste - essentiellement philosophique. Une évolution qui rapproche de l'exigeant message évangélique. 


Je revendique des ascendances trans-courants. Autant dire que je suis blindé contre les remontrances pudiques de la gauche sociétale et féministe, que je n'ai jamais soutenue, qui, après avoir trahi la lutte des classes, cause qui fondait sa légitimité, ne sait plus à quelle minorité exotique se vouer. Est-ce cela la gauche ? La gauche, plus bobo que prolétarienne, est devenue dans la plupart de ses expressions le bras droit du mondialisme.

Mais, faut-il le préciser, l'éducation politique et l'éducation tout court sont en déshérence. La fin de tout esprit critique, l'effondrement de la réactivité populaire menacent l'humanité, qui n'apprend plus à l'individu autre chose que de s'identifier à son nombril. Je n'écris pas ces lignes pour soulever une polémique secondaire, une diversion inutile. Ne me revenez pas sur ces confidences. Elles ne sont pas le coeur de mon propos, je me livre un peu pour donner du contexte et mettre en lumière, par contraste, que l'extrême droite aujourd'hui est constituée par le 1 % qui forme le noyau d'une dictature mondiale, dont la mise en oeuvre requiert qu'on poursuive inlassablement l'affaiblissement des souverainetés nationales.

Nous sommes des créateurs d'alliances
Par conséquent, il ne faut entretenir aucune mauvaise conscience à défendre le droit de vivre d'une petite nation née honorablement sur les rives du Saint-Laurent et qui s'est vite déployée sur les deux tiers du continent, une nation formée à partir d'un noyau ethnique assez homogène venu du Royaume de France. La découverte de l'Amérique, une colonisation avant la lettre qu'il faut reconnaître comme un phénomène inévitable, concerne cinq pays d'Europe. Parmi les cinq, la Nouvelle-France ne ressemble pas aux autres. Inlassablement calomniée, c'est pourtant l'établissement qui a le mieux réussi, et de loin, sa relation avec les peuples indigènes. Dire que « Ton histoire est une épopée » n'est pas un ver surfait de Basile Routhier. Notre histoire primitive est celle d'une collaboration étroite et fructueuse avec les peuples autochtones et notre intérêt mutuel serait de recréer et de mettre à jour ce lien historique que la Conquête aura mis plus de cent ans à détruire avec la pendaison de Louis Riel. Les Premières nations ne rechigneront pas à l'idée de l'égalité des nations au Canada.     
* * * 

Une doctrine de l'État du Québec ?
Permettez-moi de vous mettre en copie d'un échange avec un correspondant, le texte plus bas. Mon correspondant voit chez Daniel Johnson, l'homme du livre Égalité ou indépendance, ( 1967 ) et premier ministre du Québec, le fondateur d'une doctrine de l'État.

On voudrait bien trouver dans un passé pas si lointain des matériaux pour aujourd'hui. Mais je vous pose la question. Pour conduire l'État avec notre propre doctrine, ne faudrait-il pas d'abord partager cette doctrine nationale dans nos rangs ? Une doctrine d'État nationale peut elle être autre chose que l'émanation d'une politique nationale ? Or,  Johnson était seul au sein de son parti et sa mort prématurée l'emporta avec son ambition. Il laissa en souvenir quelques gestes politiques hors norme et un livre, mais pas de continuateurs.  Pire, s
on successeur lui tournera le dos avec une tentative de redéfinir l'équilibre linguistique en faveur des anglophones.  Chef de l'Union nationale de 1961 à 1968, Daniel Johnson était marqué par la fidélité aux valeurs du Canada-français catholique, mais il échouera à passer ses propres valeurs à ses fils, Pierre-Marc et Daniel. Ces derniers, plus travaillés par les ambitions du matérialisme anglo-protestant que par l'intérêt national, tourneront le dos à leur père. Cette rupture se répète entre Léon Dion et son fils Stéphane, et je pourrais citer d'autres cas, y compris dans ma propre famille. C'est ça le Québec n'est-ce-pas ? Ce Québec qui a surtout tenu mordicus à se déclarer indépendant du Canada-français dans l'ingratitude de l'oubli. Dans les années 1960,  le Québec disposait de beaucoup d'atouts, mais il confondit son émancipation des survivances du colonialisme anglo-saxon avec un rejet - parfois mâtiné de haine - de son appartenance à la tradition canadienne-français et de l'influence du père. La succession des passeurs sembla s'arrêter avec une forme locale de révolution colorée, vaguement reproduite depuis celle expérimentée à Paris dès mai 1968. Le phénomène Johnson passera comme un épisode atypique, sans continuité. Un livre ne fait pas une doctrine.

La prochaine élection. : la modération des transports s'impose
De doctrine nationale ? Je pense que nous nous sommes égarés comme peuple et que nous ne disposons pas d'une telle doctrine. Pas de doctrine de ralliement sur la façon de défendre nos intérêts; pas davantage sur un sens de l'État et du pays à transmettre; pas plus sur un corpus suffisamment partagé au sein d'une élite respectable et validé sociologiquement. Par conséquent, comme certains le font valoir, les prochaines élections ne peuvent pas nous donner le pouvoir ni le contrôle de l'État. Réduites à la politique du spectacle, les élections sont évidées des grands enjeux et se plient au conformisme exigé par les chefs de campagne, sortes de chefs d'orchestre de la politique spectaculaire. Si les élections peuvent rétablir une certaine moralité publique, un peu plus d'éthique en politique, mettre un frein à la corruption et à la collusion, faire la lumière sur de ténébreuses affaires, ce qui reste à voir, on ne pourra que s'en réjouir. Mais, pour ce qui concerne notre avenir national, on aurait tort de croire que l'élection d'un parti plutôt qu'un autre sonnera le début d'un temps nouveau.  De tous les partis confondus, et c'est là l'essentiel, on s'abstiendra de remettre en cause le droit de désaveu de la majorité détenu par la puissante minorité du West Island, adossée à la toute puissance de l'État Canadian. Nous sommes loin de pouvoir accréditer une idée défendue par certains, dont Vigile, que l'élection d'un gouvernement du Parti québécois défendrait nos intérêts ou établirait une doctrine de l'État national patriotique, cela n'a jamais existé au sein de l'État profond du Québec. Nous sommes loin du compte.

Alimenter petit à petit un nouveau paradigme
Selon moi, qui se trouve fort dépourvu de moyens compte tenu de l'ampleur de la tâche, il faudrait se regrouper petit à petit, puis massivement, sur des bases nouvelles. C'est ce que je proposais à Option nationale à la veille de sa dissolution et c'est ce que je propose au Bloc québécois aujourd'hui. Alimenter un nouveau paradigme pour contester dans tous ses aspects la façon dont la question nationale a été posée depuis cinquante ans. Un projet qui se justifie pour la bonne raison que l'oblitération de notre histoire et de nos traditions - qui devaient certes évoluer, j'en conviens - ne nous a été d'aucun secours. Ce n'était qu'un long détour. En 2018, en dépit des faits qui l'accable, l'esprit souverainiste reste toujours assez imperturbable, attaché à ses lubies. Il se conforte dans un déni tenace, résiste à prendre acte que les cinquante dernières années nous ont plus atteints dans notre potentiel national que tout le premier centenaire de la Confédération.

L'égalité, cette revendication qui contient tous les formats possibles 
Après avoir réclamé l'égalité, puis la souveraineté, puis l'indépendance - cette dernière présentée comme une coche au-dessus - avec quoi pourrions-nous maintenant renchérir ? Il s'avère que nous nous sommes beaucoup payés de mots. On aurait pu s'arrêter à l'égalité, « dret là ». Une revendication qui contient tout. Et c'est peut-être ce qu'il nous faut retenir de Daniel Johnson. Mais au lieu de réclamer l'égalité avec force, nous nous sommes engagés dans une fuite en avant marquée par une surenchère verbale surplombée d'inutiles saillies référendaires : ça passe ou ça casse, pour finalement exploser en vol, comme dans la célèbre fable de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf.

Mes amis, il aurait mieux valu parler modestement et agir fermement. Revendiquer l'égalité constitutionnelle et ne jamais céder. Mais, au lieu de la fermeté nécessaire, qui nous aurait fait questionner la domination de type colonial d'Ottawa dans le cadre du processus constituant dont nous étions partie prenante, nos représentants n'ont pas osé répéter à Ottawa les paroles de leurs beaux discours souverainistes. Là-dessus ils se sont tus. Je le répète, sans parler d'indépendance, n'est-il pas exact que le tandem Lévesque-Morin n'a pas réclamé l'égalité des nations en 1981 ? N'est-il pas exact qu'il s'est satisfait de revendiquer le maintien d'acquis provinciaux ? Et que c'est à l'issue de cette négociation sans ambition que le Québec a refusé de signer la constitution ? Revenant d'Ottawa en Tartuffe indigné, parce qu'il avait été trahi - tant prévisible - par un front commun ds provinces que Claude Morin avait formé, Lévesque fouetta ses partisans avec des mots habiles, des mots forts mais que des mots. Il souffla le chaud dans un premier temps puis, constatant que cela marchait trop bien, il refroidira ceux qui, dans ses paroles célèbres, étaient « quelque chose comme un grand peuple », un peuple qu'il aura pourtant refusé de mobiliser au moment décisif. En homme modéré, réfractaire à tous les excès - sauf ceux du fédéral - il fera retomber le soufflé quelques mois plus tard. Apprit-il de Claude Morin ou était-il de mèche avec lui ? 

Les performances de nos chefs en matière constitutionnelle
Comment Robert Bourassa - dans un cas d'école de démission égale à celles du PQ - nous donne par l'intermédiaire d'acteurs directs (André Tremblay et Diane Wilhelmy) la mesure de ce qu'il faut de préparation et de détermination - sans compter la nécessité d'organiser l'appui populaire -  pour tenir le fort, faire face à la machine de guerre canadienne dans des négociations constitutionnelles. Le problème de la sous-performance constitutionnelle chronique du Québec, de sa négligence dans la préparation de sa défense, forme la trame des événements officiels qui marquent nos reculs historiques enregistrés depuis la Confédération. Il est clair que Lévesque, Bourassa et Parizeau n'étaient pas de taille. C'était certes des hommes d'envergure dans un sens, est-ce le fait d'une longue domination anglo-saxonne, ils n'avaient ni la préparation mentale ni le dispositif politique pour affronter ces ogres. Comme Georges-Étienne Cartier, ils se sont faits bouffer tout rond.

Nous nous sommes pourtant dit OUI !
Dans cette continuité caricaturale du tandem Lévesque-Morin, c'est en direct que l'on assista en 1995 au suicide politique du commandant en chef du camp du OUI. Spectacle affligeant que cette déclaration mettant fin au combat alors qu'il aurait fallu sonner l'hallali. La nation canadienne-française ne venait-elle pas de se prononcer à 60 % sur son avenir ? Nettement en faveur d'un changement constitutionnel ! Mais la québécitude empêchait tout. Le Québec nation, tristement inclusif, assimilé à l'autre à qui il consent un droit de veto sur son destin, refusant son identité canadienne-française, nous prive - depuis le PQ - de la possibilité de faire toute distinction entre les deux nations qui forment le Québec. On fera notre indépendance avec le Canada anglais ou on ne la fera pas ! Le piège à homards s'est bel et bien refermé sur nous. C'est le principal résultat du néo-nationalisme moderne.

Le nationalisme civique a mis fin à la lutte de nation à nation
Il est facile de le dire aujourd'hui, mais pour le bénéfice d'une illustration de l'emprise du nationalisme civique, si ce dernier avait été moins dominant dans le référendum, Parizeau aurait eu la liberté de réclamer immédiatement l'ouverture de nouvelles négociations constitutionnelles sur la base de l'égalité des nations socio-historiques. Une manière élégante de renchérir en renvoyant la balle dans le camp d'en face. Le nationalisme civique, on le voit, a mis fin à la lutte de nation à nation.  

Un auto-sabotage qui a trop duré
Encore une fois, selon une tradition récente mais déjà bien établie par le tandem Lévesque-Morin, faute de mener un combat opiniâtre pour l'égalité constitutionnelle, il nous faut procéder à de ponctuels assauts improvisés - à la don Quichotte - pour ensuite sombrer dans la passivité et la déprime. Le cul de sac que reconnaît Jean-François Lisée qui a renoncé officiellement à traiter de la question existentielle. Un auto-sabotage national qui dure depuis cinquante ans et qui ne fait qu'empirer.
Une sous-performance en négociations constitutionnelles
Avec Lévesque-Morin, on s'est payé un luxe que nous n'avions pas, le luxe de sous-performer misérablement dans les négociations constitutionnelles, pour néanmoins réclamer confusément une indépendance de pacotille dans un discours public parallèle et déconnecté. C'est ce que le Québec a fait. Ironiquement, le seul qui est allé au bout d'un processus constitutionnel en 150 ans apparaît être Robert Bourassa, un libéral. Ce n'est qu'une fois ce processus effondré, l'accord du lac Meech, qu'il a manqué du courage nécessaire pour donner une suite concrète à sa déclaration du 22 juin 1990.

Une « pédagogie de l'indépendance » qui pédale dans la purée
Il faut lire le dernier texte de Denis Monière, pour comprendre la persistance des mêmes contradictions. Après quelques constats assez justes, Monière lance un appel au combat, mais ce qu'il propose est loin d'en être un. Il propose « la persuasion », « la promotion d'une idée » et des moyens pour le faire. Il rate totalement la cible quand il propose de poursuivre dans « la pédagogie de l'indépendance » dans le vide. Il faut sortir l'indépendance de la scolarité. Ne se rend-il pas compte que la seule pédagogie de l'indépendance qui vaille est celle qui est soudée au combat réel ? En fait, rien d'autre que de regrouper nos forces pour forcer de vraies contestations constitutionnelles et de vraies négociations constitutionnelles en vue de l'égalité des nations. M. Monière, qui est politologue, ne semble malheureusement pas accorder d'importance au fait que l'indépendance est une question de statut et que les questions statutaires sont d'ordre constitutionnel. Aucun changement de statut ne peut être réalisé - sauf par la révolution - sans des négociations en bonne et due forme au cours desquelles les « descendants des vaincus » se présenteront en égaux pour réclamer l'égalité. C'est à la faveur de ce processus - où la fameuse pédagogie sortirait de son carcan académique - que l'éducation populaire pourrait conduire à la mobilisation politique. Beaucoup ont objecté que le Canada n'acceptera jamais, à ceux-là il faut répondre que nous n'avons jamais essayé. Je ne répugne pas à demander aux morts que sont Lévesque, Bourassa et Parizeau, pourquoi n'avez-vous essayé qu'à moitié ? 

La révocation de la constitution
À cet égard, il faut se demander si la révocation de la constitution de 1982 pour causes d'irrégularités, dont - entre autres - le fait qu'un agent des services secrets se trouvait à la tête de la délégation du Québec ne serait pas une revendication justifiée. C'est ce type de dossier à charge, à soumettre ultimement à des instances internationales, qui inverserait une pédagogie de l'indépendance qui tourne à vide pour la remplacer par la mobilisation politique. Avec cet argument on commencerait à mettre en place une justification à la reprise des négociations de 1981, comme si elles n'avaient jamais eu lieu. 

Un peuple égal dispose de tous les droits
La thèse de Daniel Johnson était que la lutte pour l'égalité finirait par laver les conséquences de la conquête d'une façon ou d'une autre. Cette thèse n'a rien perdu de sa fraîcheur. Un peuple égal dispose de tous les droits. Tous les droits, soit celui d'entrer dans un contrat fédéral basé sur l'égalité ou de ne pas le faire. Johnson a été utile au Québec, il a été un important représentant du nationalisme traditionnel enraciné, pour qui le processus qui mène à l'égalité prime sur la forme politique particulière qu'elle pourrait revêtir à l'issue du processus. Une optique qui a été remplacée au PQ par une approche plus conflictuelle, qui tenait pour acquis que le Canada n'est pas réformable, un a priori dont il négligea de faire la preuve en refusant de s'engager sérieusement et jusqu'au bout dans tout processus constitutionnel. Voilà où nous en sommes. 

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Document 

[ Je commente les propos d'un correspondant qui revient sur Égalité ou indépendance de Daniel Johnson. Mes commentaires sont en jaune - GV ]

L’AMBIVALENCE DE LA POSITION CONSTITUTIONNELLE 

DE DANIEL JOHNSON 


Avant d’examiner ce qu’il faut retenir de la doctrine politique et du cadre stratégique que Daniel Johnson a résumé dans son livre Égalité ou indépendance. Il convient de revenir à son véritable objectif de sa stratégie pour le clarifier : fédéralisme renouvelé ou indépendance ?

Est-ce vraiment la bonne façon d'aborder la question nationale ? Cette façon impose en partant de se prononcer sur la « plomberie » plutôt que de s'attacher à l'essence, soit la nature du contentieux national lui-même ? 

Cette ambivalence a confondu la grande majorités des observateurs qui ne croyaient pas que Daniel Johnson était indépendantiste, et qu’il n’agitait cette menace qu’à des fins de négociation constitutionnel. Même certains de ses proches conseillers étaient  perplexes sur sa véritable position constitutionnelle. C’était le cas de Claude Morin :
« Claude Morin qui lui demandait d'éclairer sa lanterne. Johnson répond : “Lisez mon livre Égalité ou indépendance et vous comprendrez où je m'en vais, monsieur Morin.” Celui-ci suit le conseil, mais reste perplexe. La lecture de « l'évangile selon saint Daniel ne lui permet pas d'en arriver à une compréhension claire de la position constitutionnelle de son patron. Veut-il, oui ou non, l'indépendance ?
Selon l’ex député de l’Union Nationale, Antonio Flamand, lequel avait joué un rôle important pour faire cheminer Daniel Johnson vers l’option de l’indépendance, ces convictions ne faisaient aucun doute. L'ambivalence de ce dernier tenait à son appréciation correct des rapport de forces en présence à l’époque.

On ne peut honnêtement affirmer que le rapport de force nous favorise plus aujourd'hui qu'à l'époque. Les deux référendums et notre défaut à soulever les questions de fond, à l'occasion de la constituante d 1981, et lors des négociations du lac Meech, ont aguerri  le régime fédéral face à nos revendications farfelues dans les discours, jamais suivies de gestes conséquents aux tables de négociation. Le régime en a profité pour nous rabattre davantage. 

(...)

Selon Jacques Parizeau, la stratégie de Johnson, était parfaitement adapté au contexte de l’époque : Dans son livre Pour un Québec souverain, 
Parizeau qualifia l’ouvrage de Johnson d’ « [...] idée géniale parce qu’elle correspondait tellement bien à ce que tant de gens souhaitaient : l’égalité ou l’indépendance. »
Autre grand personnage qui a validé la stratégie de Daniel Johnson, le Général Charles de Gaulle lui-même. Lequel avait lu Égalité ou indépendance et suite à de longs entretiens, avait  accepté de jouer le grand jeu lors de son mémorable voyage en 1967. On imagine mal le Général se prêter à une stratégie proposée par un politicien dont il n’aurait pas testé les convictions.
La stratégie de Johnson était adapté au contexte de l’époque. Rappelons que l’appui à l’indépendance était à 10 % dans la population, et ; que son propre caucus était majoritairement contre lui. Aux indépendantistes pressés qui lui demandaient de se commettre plus clairement pour l’indépendance, son biographe nous rapporte sa réponse : 

Selon ce que rapporte Godin sur la position de Johnson  : « Il y a deux façon de faire l’indépendance, [...]. On peut la faire sans le dire. Ou annoncer ses couleurs au risque de ne jamais la faire. En politique, il faut éviter les difficultés inutiles. La population n’est pas mûre pour entendre le langage de l’indépendance, elle va nous vomir.  

Était-ce nécessairement l'un ou l'autre ? Le braquage de l'opinion sur l'égalité ou l'indépendance ne nous ferait-il pas perdre l'essentiel, l'essentiel c'est d'accéder à l'égalité nationale. L'indépendance, surtout quand on est incapable de la faire, ne fait que rejeter péremptoirement les formes possibles que peut prendre l'égalité. Elle fait aussi oublier que l'indépendance ne peut arriver qu'une fois épuisés toutes les ressources et les moyens de la négociation. N'aurait-on pas eu avantage – pour mettre les choses dans ce qui pourrait être la bonne perspective – à être absolument intraitables sur l'exigence d'égalité des nations, et flexibles, ouverts, ( exclure le mot ambigüe ) sur la forme politique que celle-ci pourrait prendre au bout du processus ? Pourquoi avoir voulu décider de nos options avant de négocier ? D'ailleurs, il était et il serait encore aujourd'hui beaucoup plus difficile d'attaquer la légitimité d'un combat pour l'égalité qu'une revendication d'indépendance, qui sera immanquablement reçue par une levée de boucliers des opposants à la menace séparatiste et sécessionniste. 
Nous avons utilisé un vocabulaire audacieux dans les discours populaires qui ne s'est jamais rendu aux tables de négociations. Par conséquent, nous n'avons jamais pu rendre sérieux et crédible ce discours. Ce faisant, nous avons néanmoins donné à nos maîtres tous les prétextes pour nous étouffer davantage. Il faut l'admettre, on ne s'est jamais donné la peine de revendiquer l'égalité avec opiniâtreté, avec en main un dossier constitutionnel blindé et historiquement inattaquable. 

La revendication de l'égalité nationale ne plaît pas aux tenants du nationalisme civique territorial pour qui - dans la conception anglo-saxonne- la nation est l'État du Québec, composée de ceux qui habitent le territoire. Pour les gentils civiques, nous sommes dans un conflit d'ajustements entre une province et un pays et non dans un conflit entre nations sociohistoriques.  

Pour Johnson la stratégie consistait, en partant de très loin par rapport à l’objectif finale, à influencer la  dynamique politique, et par étape, l’amener à son objectif finale : l’indépendance.
La première étape dans le contexte des négociations constitutionnelles étant pour lui, l’égalité. 

C'est une grave erreur de qualifier l'égalité comme une étape, l'égalité peut très bien représenter l'objectif final, dont les modalités politiques peuvent se passer d'être arrêtées avant même que le processus soit engagé.

Dernier point, un BONUS : Revendiquer l'égalité est un combat auquel toutes les victimes de la constitution hégémonique et semi-coloniale du Canada peuvent s'identifier : Acadiens, premières nations, etc. Au lieu de n'avoir que des ennemis, nous pourrions avoir des alliés. Les alliances avaient fait la fortune de la Nouvelle-France, pourquoi ne ferait-elle celle de ses continuateurs ? 
-- 

Gilles Verrier


mardi 10 avril 2018

Bourassa s'est écrasé - Ils se sont tous écrasés dans une sous-performance généralisée

Comment Bourassa - dans un cas d'école de démission égale à celles du PQ - nous donne par l'intermédiaire d'acteurs directs (André Tremblay et Diane Wilhelmy) la mesure de ce qu'il faut de préparation et de détermination - sans compter la nécessité d'organiser l'appui populaire -  pour tenir le fort, faire face à la machine de guerre canadienne, dans des négociations constitutionnelles. Le problème de la sous-performance constitutionnelle chronique du Québec, de sa négligence dans la préparation de sa défense, forme la trame des événements officiels qui marquent nos reculs historiques depuis la Confédération. Il est clair que Lévesque, Bourassa et Parizeau n'étaient pas de taille. Ils n'avaient ni la préparation mentale ni le dispositif politique pour affronter ces ogres. Comme Gorges-Étienne Cartier, ils se sont faits bouffer tout rond. Le PQ actuel et singulièrement le tout frais programme politique du Bloc québécois reprennent le paradigme des perdants.

mercredi 4 avril 2018

Où en est la lutte nationale ?

(Dernière mise à jour, 7 avril 2018 18:21)

Tout le monde sait que la lutte nationale a connu une période de croissance pour connaître un plateau, puis une période de déclin continu depuis 1995.

mardi 3 avril 2018

La cohabitation forcée de deux nations peut-elle les fondre dans une seule nation civique ?

La cohabitation forcée de deux nations peut-elle les fondre dans une seule nation civique ? Ne serait-ce pas plus tôt le signe d'une volonté d'annexion et d'assimilation coloniale ? Comme partout ailleurs au Canada où une telle cohabitation a pris forme ?

mardi 27 mars 2018

De la difficulté accrue de déclarer l'indépendance


Le phénomène de la création de pays indépendants depuis 1800


1- Survol historique

L'époque de la formation en cascade de pays nouveaux dans les territoires peu peuplés et inorganisés, comme en Amérique et en Afrique, est pour l'essentiel une chose du passé. Les pays d'Amérique du Sud se formèrent au XIXè siècle, ceux d'Afrique et d'Asie au XXè siècle.  Cette généralisation de l'organisation planétaire en pays bien délimités prit son essor avec les États-Unis, qui firent sécession de l'Angleterre en 1776.

dimanche 25 mars 2018

Trouble d'identité chez les « descendants des vaincus »

(mis à jour le 26 mars 2018 - 19:50)

En cinquante ans, le néo-nationalisme a fini de briser les liens ancestraux. Au lieu de tasser le West Island il a tassé les Canadiens-français. Il a contribué à la réalisation du plan canadian de segmentation provinciale des « descendants des vaincus ». Le régime fédéral édifié sur la suprématie anglo-saxonne est devenu aujourd'hui plus triomphant que jamais.

dimanche 18 mars 2018

Nous nous sommes « québécisés » pour gagner les anglophones

Contribution d'Éric Bouchard

Le projet « cité libriste » du Parti québécois : renoncer à nos racines pour se rendre « présentable » au West Island 

Vos dernières réponses démontrent très bien mon point, M. Ricard. À l’évidence, vous avez parfaitement assimilé les préjugés colportés par les fédéralistes de Cité-libre afin de salir le nationalisme des Canadiens-Français. Faisant fi de leur esprit d’ouverture séculaire envers les Amérindiens, les Allemands ou les Irlandais- pour ne nommer que ceux-là- les Trudeau et consorts n’ont eu de cesse de dépeindre le nationalisme de leurs pères comme une doctrine tenant du racisme ou du fascisme pour mieux défendre leur vision pancanadienne et multiculturelle.

samedi 17 mars 2018

La « nation québécoise » cinquante ans plus tard : un marché de dupes au profit des « Rhodésiens »

(mise à jour le 18 mars 11:00)

Toute nation encore en santé est constituée d'un noyau ethnique autour duquel se joignent des individus provenant de tous les horizons. Ce qui fait d'une nation moderne une réalisation de l'histoire et une communauté de conscience partagée par ses membres.

L'inclusivité des francophones du Québec, qui se résume à s'adjoindre des étrangers, apparaît comme une évidence qui se vérifie tous les jours. Mais on commet facilement l'erreur de confondre l'inclusivité avec la cohabitation des nations. 

mercredi 14 mars 2018

Une nation québécoise unitaire et territoriale - Perdre son âme pour un rêve

Mis en ligne le 14 mars à 21h45
( Mis à jour le 15 mars à 6h18 )

Un échange intéressant sur Vigile. Des vérités devenues confortables - mais inapplicables - sont mises en question par Éric Bouchard dans un propos original.  La nature profonde de notre identité nationale est-elle celle adoptée au Québec depuis cinquante ans ?   

dimanche 4 mars 2018

Y a-t-il déjà eu une lutte pour mettre en cause la légitimité du fédéralisme canadian ?

Les nations au Canada, la réalité fondamentale du pays ... et ce ne sont pas les provinces !

La préférence pour un Québec territorial multi national - à prétention uni national - lancé il y a cinquante ans par le Parti québécois à la suite du RIN est un échec total. Non seulement il m'a pas uni les habitants du Québec mais il a divisé les canadienfrançais entre eux, au Québec et au sein du Canada.

samedi 3 mars 2018

L'absence de légitimité du fédéralisme canadien - le talon d'Achille du Canada

Article de Me Christian Néron 
paru sur le site Vigile
Mis à jour le 5 mars 2018
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Présentation  : 
À la lecture de l'article on comprendra que sept des dix provinces canadiennes doivent leur existence à la répression violente et à l'abus de pouvoirs « légaux » mais illégitimes des anglo-saxons protestants à l'encontre des fondateurs du Canada, devenus les descendants des vaincus. 
Le Québec n'est pas un nation socio-historique mais une portion du territoire conquis en 1759 et constitué par la décision d'un souverain anglais. Le nom donné à ce territoire est « Province of Quebec ». Ce territoire est peuplé par plus d'un million de ceux que René Lévesque appelait - dans ses moments de lucidité  « les Rhodésiens ». Ils sont acquis au Canada unitaire et dominateur auquel ils s'identifient. La cause de la nation socio-historique, rejetée par René Lévesque pour y préférer le territoire multi-national du Québec, demeure toutefois celle de la légitimité, celle ancrée dans l'histoire et déniée depuis seulement cinquante ans. Et avec quels résultats !

mercredi 21 février 2018

Fédéralisme à trois - au Québec ou au Canada - à vous de choisir !

Mis à jour le 4 mars 2018
Nouvelle mise à jour le 7 mars 2018

On aura compris qu'il reste toujours possible que le Québec devienne un pays indépendant quand il le voudra ou le pourra. Même hypothétique, cette éventualité est toujours ouverte. Au même titre, on ne peut s'opposer à ce que la lutte pour régler les contentieux nationaux au sein du Canada prenne une autre voie qui trouverait, elle aussi sur son chemin, un fédéralisme centralisé et dominateur.  Certes, les perspectives immédiates demeurent exaspérantes car elles ne laissent présager aucun changement. Entre un « autonomisme - indépendantiste » et le fédéralisme réfractaire à tout changement constitutionnel, ce dernier mène le jeu et s'affiche sans gène comme le créateur du Canada et de son histoire.

De la réforme du fédéralisme I
La réforme du fédéralisme est une expression bien connue de tous les Québécois puisque pendant des décennies elle revenait sur la scène de l'actualité. Si plusieurs seraient prêts à jurer aujourd'hui qu'il s'agit d'une voie sans issue, d'une impossibilité qui pourrait justifier à elle seule l'indépendance, peuvent-ils cependant démontrer que cet objectif a été  sérieusement poursuivi ?

vendredi 16 février 2018

Entretien avec le président de la Moldavie Igor Dodon


Pour faire un peu contrepoids à la visibilité qui est donnée à la Catalogne et au Brexit, je reproduis ici cet entretien de Flux -
 site moldave - avec le Président moldave Igor Dodon, élu il y a peu avec une écrasante majorité.
Les événements  en Moldavie contribuent à la vigueur des idées de la souveraineté nationale dans un monde multipolaire    
Une mise en évidence des  passages les plus importants suivra d'ici peu. 

samedi 3 février 2018

Réponse à Denis Blondin sur Vigile

Je réponds à la tribune libre de Denis Blondin - qui n'est pas un habitué de la tribune libre mais qui  y est allé d'un propos à la hauteur. Parlant de naufrageurs, il a attiré mon attention.

jeudi 1 février 2018

L'objet céleste JMA 2012 de David Leroux

David LEROUX
L'Action nationale, janvier 2018 (p. 114 à 121)

À propos du livre de Jean-Martin Aussant
La fin des exils : résister à l'imposture des peursAtelier 10, coll. Documents, Montréal, 102 pages

David Leroux nous apporte un réalisme bienvenu dans un paysage dominé par les plus irréalistes fantaisies politiques en ce qui concerne le changement de statut politique pour le Québec et, forcément, pour le reste du Canada.

Un Québec exilé dans la fédération - Guy Laforest

éd. Québec-Amérique, 2014, 280 p.


Chapitre 7
André Burelle et l'articulation d'une pensée fédéralisteauthetique au Québec

[mes caractères gras]
André Burelle est réuni à Trudeau et Pelletier [Gérard] par « la pensée politique du personnalisme communautaire, en particulier celle d'Emmanuel Mounier et de Jacques Maritain. » (p.182)

mardi 30 janvier 2018

En taxation scolaire, la CAQ coiffe le PQ pour ce qui est de la défense des francophones

[ première édition - 30 janvier 18:03 ]

La CAQ appliquerait un taux de taxation scolaire uniforme.

https://coalitionavenirquebec.org/fr/blog/2018/01/23/taxe-scolaire-caq-appliquera-taux-plus-bas-importe-region/

La réplique du député de Bonaventure (PQ) à l'annonce de la CAQ

« Nous ne sommes pas contre l'équité et l'uniformisation en matière de taxes mais...

vendredi 26 janvier 2018

PKP - Le survenant !

PKP un bâtisseur! Bâtira-t-il sur une fondation solide ?

La question du retour en politique de PKP fait la nouvelle. Pourquoi un bâtisseur, un vrai gagnant, tiendrait-il tant à  joindre un parti de perdants ?

C'est peut-être là la vraie question. 

jeudi 25 janvier 2018

PKP - Un bâtisseur ! Que bâtira-t-il maintenant ?

Note aux lecteurs : Ce message a été mis à jour à cette adresse :

https://gilles-verrier.blogspot.com/2018/01/pkp-le-survenant.html

mardi 23 janvier 2018

Arbour - cessons d'être des colonisés - extraits

Cessons d'être des colonisés !

ARBOUR, J. Maurice, Presses de l'Université Laval, 2015, 242 pages
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Le combat de la décolonisation 

Chapitre 3 
C'est dans le contexte du problème canadien, c'est-à-dire du problème global des rapports conflictuels entre les vaincus et les vainqueurs de 1760, des victoires et des défaites des colonisés d'ici, à travers la contrainte armée et la loi du nombre (233/75 en 2015) qu'à la fin des années 1950 et au début des années 1960, des intellectuels québécois ont discuté du colonialisme et de la nécessaire décolonisation du Québec. On y parle domination politique, économique et culturelle.

Le perdant - extraits du livre de Martin BISAILLON

Le Perdant

Martin Bisaillon,  Ed. Les intouchables, 2004, 103 pages
Conclusion

L'idée de départ de ce livre était de répliquer à Bernard Landry quand il s'est permis d'évoquer le rêve de René Lévesque pour mettre un terme à un débat d'idées qui avait lieu dans son parti. (...)

dimanche 14 janvier 2018

Le débat sur l'existence du colonialisme au Canada

À partir des pages de Maurice Arbour - Cessons d'être des colonisés ! - retracer la montée (1958-1968), la chute (1968-1980) ... et l'oubli d'un colonialisme au visage canadien.

Le fondation du Parti québécois a fait disparaître le colonialisme de l'équation nationale, la fin du PQ  fournira-t-elle l'occasion d'en ré-examiner la pertinence ?

Extraits choisis de Christian Saint-Germain

1- L'avenir du bluff québécois - La chute d'un peuple hors de l'histoire

Le premier chapitre Funérailles d'État a pour sujet Jacques Parizeau : 
(Tous les caractères gras sont de moi)

L'éloge funèbre n'en finit plus. On tâte du « grand serviteur de l'État » à toutes les trois phrases, presque du « serviteur souffrant ». C'est comme s'il avait défriché « en se crachant dans les mains » une partie de l'Abitibi depuis la rue des Braves ou la rue Laurier. D'autres vont même jusqu'à classer « Monsieur », à l'instar de Chrurchill et de Gaulle, sur la « courte liste » des libérateurs de peuples modernes. Cette exagération ne dénote pas seulement la dangereuse proximité entre le solennel et le ridicule, mais également et davantage l'incapacité des observateurs politiques à relier l'histoire récente du Québec aux conséquences désastreuses de l'action du célèbre machabée.  (p.19)

Lévesque, la négation du colonialisme et l'abandon des « descendants des vaincus » à leur sort dans un Canada fantasmé

Le PQ et la dimension coloniale d'un peuple

« Naître colonisé en Amérique »

La lutte moderne pour l'indépendance du Québec a pris racine dans une prise de conscience intellectuelle qui a évolué pour former un mouvement politique, puis un parti politique. Au nombre des intellectuels à la barre : Maurice Séguin, Michel Brunet, Hubert Aquin, plusieurs auteurs de la revue Parti pris, et les acteurs politiques du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), dont Marcel Chaput, André D'Allemagne, Pierre Bourgault. Une caractéristique commune de ce courant consistait à démaquiller les rapports de domination coloniale.

jeudi 4 janvier 2018

Les « descendants des vaincus » et l'édification du Canada sur des mensonges

[Édition révisée du post du 17 décembre coiffé du même titre]
Le procès du Canada sur la scène internationale reste à faire
Le point sur cette série


Cette série a été écrite pour expliquer l'échec du mouvement souverainiste québécois depuis cinquante ans. Elle tâche de démontrer que, sans un changement profond des perspectives, le déclin inéluctable des fondateurs du Canada se poursuivra.

samedi 30 décembre 2017

Gérard Bouchard et l'optique mondialiste - du boulot pour les immigrants aux dépens des autochtones !


Les Québécois – ces contribuables qui ont payé un salaire stable et enviable à Gérard Bouchard et aujourd'hui une pension sans inquiétude – doivent-ils considérer qu'ils ont bien investi dans tous ces petits québécois sortis du rang qui forment aujourd'hui son intelligentsia ?

vendredi 29 décembre 2017

Les « descendants des vaincus » et les mensonges du Canada

 Le point sur cette série
La première partie de cette série, qui explore les moyens de redonner l'initiative aux « descendants des vaincus », aborde les prochaines négociations constitutionnelles qui feront des Premières nations des vedettes, alors que le Québec risque d'être exclus et même complètement ignoré.

mercredi 27 décembre 2017

Obama évoque un référendum pour l'indépendance du Kosovo qui n'a jamais eu lieu

Kosovo: Obama évoque un "référendum d'indépendance", Moscou perplexe

INTERNATIONAL
URL courte
Indépendance du Kosovo (198)
Moscou est étonné par les propos tenus par le président américain Barack Obama sur un prétendu référendum d'indépendance du Kosovo, rapporte le ministère russe des Affaires étrangères.

samedi 9 décembre 2017

Les indépendances et les manipulations OTAN - CIA - Dalaï Lama - Lionel Groulx

REPRISE

Archives de VigileRÉPONDRE

 1 mars 2014



POURQUOI NOTRE DALAI LAMA QUÉBÉCOIS

- LIONEL GROULX - N'A PAS REÇU D'ARGENT DE LA CIA

 ET NE FAIT PAS L'OBJET D'UN CULTE MONDIAL 

BIEN MÉDIATISÉ ?


Le gouvernement du Tibet en exil reconnaît avoir reçu 1,7 million par année de la CIA pour entraîner la guérilla dans les années 1960. Le Dalaï Lama récuse avoir reçu 180 000 $ par année à titre personnel.

jeudi 7 décembre 2017

La mentalité du colonisé provoque la fin prématurée de nos combats !


Quatre infanticides constitutionnels en cinquante ans !

Les tentatives pour modifier le statut constitutionnel du Québec  meurent toutes prématurément 


(Note : Version revue et augmentée de l'article sur le même sujet déjà paru le 17 novembre 2017 : https://gilles-verrier.blogspot.com/2017/11/infanticideau-quebec-les.html
7 décembre 2017

Lorsque René Lévesque procéda à l'abandon officiel de la souveraineté en 1984, pour épouser ce qu'il qualifia lui-même de « beau risque », le parti éclata ! Un clash semblable se produisit lors du départ de Jean-Martin Aussanten 2011. Un autre mélodrame ! 

mardi 5 décembre 2017

...il faut le dire aux Indiens

(Mise à jour le 5 décembre 2017)

Un nouveau nom pour le blogue

La Nouvelle-France en héritage 

Nous estimons qu'il faut rappeler la continuité des fondateurs de cet Amérique du Nord qui a poussé en Acadie et sur les rives du Saint-Laurent avec nos identités nouvelles. Pourquoi ? Pour ne pas oublier notre identité néo-française qui en est l'assisse commune.

La Nouvelle-France demeure le seul repère commun des francophones catholiques d'Amérique, il n'y a pas d'autre « appellation » chez les descendants des vaincus qui puisse encore servir de liant dans le sens profond de la transcendance.

samedi 2 décembre 2017

Le trouble identitaire chez les «descendants des vaincus» - annonce



Être issus d'ancêtres qui ont civilisé un continent, qui ont fondé les plus grandes villes américaines, et vivre à la remorque de toutes les minorités en leur propre province, quelle déchéance !
Hermas Bastien
Condition de notre destin national, 1935
(Cité par Christian Saint-Germain)

Territoire et continent 

Il nous faut découvrir la richesse de notre identité nationale par la reconnaissance de ses assises territoriales  (territorialité) et continentales (continentalité).  Les deux piliers d'une identité plantée dans l'établissement  original de la Nouvelle-France en Amérique. Ces référents, territoire et continent, n'ont jamais trouvé la forme de leur architecture politique dans le cadre d'un projet libérateur des « descendants des vaincus ». Dans le monde d'aujourd'hui, ces référents sont pourtant les seuls, conjugués ensemble, qui peuvent rendre compte de la singularité d'un passé d'explorateurs hardis et de fondateurs de pays.

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Pour poursuivre sur le même sujet : https://gilles-verrier.blogspot.com/2018/03/trouble-didentite-chez-les-descendants.html

lundi 27 novembre 2017

Une quête perpétuelle d'indépendance sans possibilité de libération

Mis à jour le 28 novembre 2017

En choisissant pour titre de son livre «Égalité ou indépendance», Daniel Johnson avait fort bien vu. À cinquante ans de distance la formule n'a rien perdu de son actualité. Malheureusement son approche confiante, qui interpellait le Canada posément pour lui rappeler que nous sommes du bon coté du droit et de la justice, un rappel que n'aime pas le Canada, n'aura pas connu d'échos durables. Le Canada, qui n'en manque pas une pour se draper d'une fatigante supériorité morale, n'aime pas qu'on lui renvoie la patate chaude en pleine gueule. C'est ce que faisait Johnson avec sa formule lapidaire.

Le Canada ne pouvait apprécier qu'on le mette au défi d'assurer l'égalité promise dès les premières délibérations constitutionnelles de 1864 entre les fondateurs, les « descendants des vaincus »(1); et les occupants venus ensuite, les deuxièmes «fondateurs» et usurpateurs, qui se superposèrent aux premiers.

Si le deuxième Canada, parangon de vertu devant l'éternel, n'aime vraiment pas qu'on le fasse suer, cela tombe bien car les rapports de domination semblent très difficiles à décoder chez les colonisés. C'est donc un « match » parfait ! La politique autonomiste québécoise ne cesse de nous alimenter par de nouvelles illustrations de son caractère inoffensif et domestiqué. La simple exposition des rapports de domination dans le débat public, notamment dans les élections provinciales, est un cas de conscience insurmontable. Faut-il se surprendre que, mis à part Johnson, et quelques figures d'exception dans la bourgade, le dévoilement de cette relation dans toute sa splendeur inégalitaire n'a jamais fait école ?  Mettre le Canada au pied du mur, le pousser à la défensive, l'obliger à réagir en l'amenant sur notre terrain, indisposer le colosse aux pieds d'argile n'a jamais été le fort des premiers ministres qui suivirent Johnson, y compris ceux de son propre parti, et pas davantage à ce jour du coté d'Option nationale et du Parti québécois. Me faut-il rajouter Québec solidaire ?

La façon de Johnson était une application de la règle qui veut que la meilleure défense c'est l'attaque. On a vécu tout le contraire. Le slogan du référendum de 1995, «Oui, et ça devient possible» est désarmant de naïveté, mais préparait très bien le catastrophisme de la défaite par son inversion : Non, ça devient impossible. Les maîtres du jeu ne veulent pas. (2)

Et si on se donne la peine de poursuivre avec les slogans électoraux du Parti québécois au fil du temps, il serait difficile pour un observateur étranger parachuté au Québec de s'imaginer que «nous sommes en guerre», pour paraphraser un représentant de la garde zouave du camp fédéral. Voici la liste de nos meilleures saillies « indépendantistes ». Elles ne feraient pas de mal à une mouche, c'est comme si elles avaient été formulées pour être justement inoffensives.

Liste partielle des slogans électoraux du Parti québécois 
2014
Plus prospère, plus fort, plus indépendant, plus accueillant
2012
À nous de choisir
1998
J'ai confiance
1994
Une autre façon de gouverner
1981
Faut rester forts au Québec
1976
On a besoin d'un vrai gouvernement (On mérite mieux que ça)

À lire ces slogans, qui pourrait croire qu'un conflit national larvé et occasionnellement ouvert traverse ce territoire ? Personne ! Une vérité de l'oppression nationale bien maquillée par les agences publicitaires auxquelles nos PQ-ON ont donné le mandat de «gagner les élections». Mais ce ne sont pas ces agences qui sont responsables, n'est-ce-pas ? 

Et pour ceux qui penseraient qu'Option nationale se démarque du PQ  : 

Liste des slogans électoraux d'Option nationale
2012
ON peut mieux pour le Québec
2014
Oui ou non, entreprendrez-vous un référendum dans le prochain mandat pour un Québec indépendant?

Quelles niaiseries pour un parti tout juste créé et qui n'avait rien à perdre !

Aparté. Pour André Racicot, ON « nous sert une désopilante fricassée linguistique, sous forme de question à Mme Marois. Cette question du chef Sol Zanetti est renversante sur le plan linguistique. Elle montre que le français au Québec, avec des amis pareils, n’a vraiment pas besoin d’ennemi.
En français : Organiserez-vous un référendum sur l’indépendance du Québec au cours du prochain mandat? »
http://andreracicot.ca/les-slogans-electoraux/

Mais on ne chipotera pas sur la qualité du français d'Option nationale. Allons tout de suite à l'essentiel. Rien ne distingue ON du PQ dans leurs efforts pour maquiller le conflit national qui divise les «descendants des vaincus» et les maîtres du jeu depuis 150 ans. Également sibyllins, se gardant bien d'interpeler les gardiens de la prison constitutionnelle, aucun des slogans présentés aux Québécois par le PQ ou ON ne peut rivaliser avec l'éclairante et simple vérité,  celle de Daniel Johnson qui titrait : Égalité ou indépendance.

Que font-ils ? Que font ces autonomistes moroses, déprimés ou épuisés ? Au lieu de dévoiler les rapports de domination dans leur nudité ils se consacrent à la pédagogie. Ils oublient que ce qui aurait dû faire école n'a jamais été repris, mais on se donne néanmoins des missions de pédagogues.

Le projet de modifier le statut constitutionnel du Québec n'a été qu'une suite de levées de rideaux sur une comédie burlesque peuplée de prestidigitateurs qui s'affairent à éviter la lutte politique en accusant le peuple de ne pas avoir suivi. Un jugement qui est d'ailleurs totalement faux. Ce sont les chefs qui ont lâché le morceau, quatre fois en cinquante ans. L'élite missionnaire respectable de notre peuple de jadis est devenue, grâce au progrès, l'élite démissionnaire d'aujourd'hui. D'où l'obligation de la pédagogie des soins de fin de vie, une pédagogie sans objet, confinée à la bourgade, tel le mythe de Sisyphe, une quête perpétuelle d'indépendance sans possibilité de libération.    

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1. Les «descendants des vaincus», expression employée souvent par le principal père fondateur de la Confédération, George Brown, pour décrire l'identité de ceux avec qui il négociait l'accord constitutionnel de 1867. Dans les termes des constituants, les promesses faites et les accords passés le furent avec les «descendants des vaincus». Or, les «descendants des vaincus»,  expression que nous pouvons considérer comme faisant partie de notre identité constitutionnelle, ont voté majoritairement en faveur du référendum de 1995.
2. «Au PQ, on ne s'était pas cassé la tête pour concevoir le nationalisme du vingt et unième siècle. On ne s'était pas non plus donné la peine de traduire la défaite de 1995 comme le résultat d'une agression fédérale pure et simple et la défection de Parizeau, comme la basse désertion d'un membre de sa bourgeoisie entrelardée. Sortie de scène d'autant moins perceptible qu'elle était accomplie par un homme dont la sincérité et les efforts ne sauraient être remis en doute, mais d'autant plus catastrophique qu'elle interdit justement la conception d'un après 1995 autrement que sous les formes spectrales de Lisée et consorts. Alors qu'il détenait le pouvoir, le PQ a toujours préféré vénérer la moralité vide à l'intérieur du fédéralisme plutôt que de mettre à mal l'ordre constitutionnel unitaire.»
(NAÎTRE COLONISÉ EN AMÉRIQUE, Christian Saint-Germain, 2017, pp 83-84)