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De Canadiens-Français à Québécois : Adaptation naturelle ou dénationalisation organisée au sommet ?

J'ai déjà abordé cette question en détail ailleurs mais comme elle reste incomprise je reprends ici en plus court, sous un autre angle, ...

vendredi 6 février 2026

De Canadiens-Français à Québécois : Adaptation naturelle ou dénationalisation organisée au sommet ?

J'ai déjà abordé cette question en détail ailleurs mais comme elle reste incomprise je reprends ici en plus court, sous un autre angle, sans sacrifier l'essentiel.  

Question 
Chez les Québécois, qui s’étaient toujours identifiés en fonction du territoire où ils étaient majoritaires, l’adoption de l’appellation québécoise (plutôt que canadienne-française) à partir des années 1965 n’était-elle pas une adaptation du nom à une réalité politique en mouvance ? 

Réponse 
Jusqu'à Daniel Johnson père, les Québécois francophones ne renient pas la dimension continentale de leur identité, la patiente organisation des États généraux du Canada français, de 1965 à 1969, en témoigne. De plus, il faut se souvenir que les Canadiens-Français du Québec n’avaient jamais prétendu constituer un seul peuple ou une seule nation au sein du Québec, même s’ils formaient la majorité de la population. Cette prétention est introduite par le souverainisme. En conséquence, territorial avant d’être national, le souverainisme pousse à une transition identitaire. On veut un (1) peuple sur un (1) territoire, le Québec aux Québécois. Le slogan identitaire  bien connu occulte l’existence de trois peuples historiquement constitués au Québec, comme au Canada du reste. L’idée est reprise par la CAQ à l'article 3, PREMIER CHAPITRE du Projet de loi 1 sur la constitution du Québec :
« Le peuple québécois est composé de toutes les Québécoises et de tous les Québécois. Le peuple québécois forme une nation. »

Ne pas voir de volonté politique dans la transition identitaire, mais une simple adaptation naturelle est commun. Comme si l’affaire était dépourvue d’enjeu ! Pour comprendre qu’il y en a un, il est utile de se rappeler que le Livre blanc de P.E. Trudeau, en 1969, voulait éliminer les peuples autochtones en les assimilant à la société blanche. La même année, la Loi sur les langues officielles fait disparaître les Canadiens anglais et les Canadiens-Français, on veut les remplacer par des anglophones et des francophones. Ces deux cas cités signalent une volonté fédérale de dénationalisation. Trudeau père voyait le déracinement national comme la voie d’un avenir lumineux. Rien de moins. Au même moment, René Lévesque met de l’avant pour la première fois de notre histoire un destin radicalement séparé du Canada français, mais commun à TOUS les Québécois. C’est une rupture avec les ambitions politiques des Canadiens-Français, la reconnaissance nationale, depuis la Confédération. Bémol, la souveraineté n'est peut-être pas mauvaise, mais elle ne peut se soustraire à l'exigence de reconnaissance des Canadiens-Français au sein du Québec.

Ne pas reconnaître la « synergie » ou la complémentarité des rôles entre Lévesque et Trudeau révèle un angle mort dans l'analyse critique. C’est l’angle mort des souverainistes. Du reste, Lévesque et Trudeau ne sont-ils pas de la même école de pensée ?  Lévesque et les "dead ducks", Trudeau et "un peuple de dégueulasses maîtres chanteurs".

Le projet de loi 1, qui ne reconnaît que des "francophones" atteste de sa conformité avec les catégories dénationalisées introduites en 1969 et la Loi constitutionnelle de 1982 par la suite. Trudeau et Lévesque, sans qu'on y voie forcément une connivence en conscience, sont des chevilles ouvrières essentielles dans le démembrement d'un peuple, les Canadiens-Français, et leur réassignation identitaire, province par province. CQFD. Éventuellement défendus par l'ONU dans les deux Amériques, les peuples autochtones du Canada sont l’exception. Le Canada s’est plié. Ils échappent à la disparition et héritent d’un statut ethnique qui leur donne un pouvoir jadis inespéré. 

lundi 26 janvier 2026

Nous n'avons pas les moyens de perdre un autre référendum

L'heure n'est pas à la témérité mais à la certitude d'une victoire,
si imparfaite soit-elle !

Quand Paul-Saint-Pierre Plamondon nous dit que Mark Carney vient de lancer la campagne du NON, il faut se demander si le chef du PQ a pris le temps de lire le discours des plaines d'Abraham. Je sais bien que le commentariat souverainiste a très mal reçu ce discours, plusieurs se déchaînant même contre lui. Pour peu, on serait porté à croire que Carney vient de provoquer délibérément les Québécois avec des demi-vérités, sinon une tonne d'affreux mensonges sur notre histoire. Je me placerai en retrait critique, évitant d'avoir l'air de celui qui veut le défendre, ce n'est ni ma cause ni mon propos. En revanche, je veux des changements qui ne risquent pas de faire de nous les victimes d’une prévisible duperie, encore une fois. Je mets le lien officiel du discours de Carney, plus bas, pour quiconque voudrait valider sa propre conclusion ou se faire une opinion. Quant à moi, vous comprendrez que je ne me propose pas d'analyser Carney sur le fond. Tout ce que je veux dire c'est que Carney est ni un inculte ni un provocateur. Il n'a rien de l'intransigeance d'un P.E. Trudeau ("les Canadiens-Français sont en passe de devenir un peuple de dégueulasses maîtres-chanteurs"), rien non plus de la déficience de niveau du P. M. Justin, fils du précédent. Pour vous faire une confidence, je pense que Carney se montre comme un personnage aux propos mesurés, un homme avec lequel on peut ne pas être d'accord, et même en complet désaccord, mais un homme qui par son attitude pourrait être capable de dialogue. C'est ce dont le Québec a le plus besoin : un interlocuteur parlable, un interlocuteur qu'il nous faut amener à la table. En présence de cet interlocuteur putativement de bonne foi, à l'instar de Brian Mulroney mais à la différence des Trudeau, père et fils, il y a lieu d'adapter la stratégie. Il faut de la souplesse, il faut profiter des dispositions de la partie adverse au cas où elles disparaîtraient dans un prochain mandat. Le référendum gagnant, auquel semble tenir mordicus PSPP serait peut-être celui qui demande aux Québécois de se prononcer massivement pour la réouverture de l'Accord du lac Meech. Un accord substantiel, réparateur et populaire. Hélas ! Le sort a voulu qu'il soit mis en pièces par une cabale subversive de fédéralistes centralisateurs et fanatiques conduits par P. E. Trudeau. Prudence. Selon Sun Tzu, l'art de la guerre demande de connaître son adversaire autant que ses propres forces. De grâce, ne répétons pas la bataille des plaines d'Abraham. L'heure n'est pas à la témérité mais à la certitude d'une victoire, si imparfaite soit-elle. Une victoire référendaire avec une question bien calibrée serait notre première victoire, j'entends une victoire accompagnée de célébrations ! La première de ce type depuis l'élection du PQ en 1976. Pensons-y !

L'indépendance que l'on ne peut imposer à son entourage doit nous rappeler quelque chose. 
Pour l'emporter il faut réunir des effectifs deux fois plus nombreux que ceux de la puissance qu'on oppose. L'offensive est plus exigeante que la défensive. Une victoire imparfaite est préférable à une défaite.  


Ci-dessus, extrait vidéo du discours du Premier ministre Robert Bourassa à l'occasion de
l'échec de l'Accord du lac Meech, un rare moment d'unité nationale laissé sans suite.

Il y a quatre moments au cours des cinquante dernières années où le peuple était prêt mais la direction politique ne l'était pas ou a mis le couvercle sur la marmite. 1- Le lendemain de l'élection du PQ en 1976 ; 2- Le lendemain de la Nuit des longs couteaux en 1980 ; 3- L'échec de l'Accord du lac Meech, en 1990 ;
4- Le soir du référendum de 1995, avec 60 % du peuple concerné, qui avait voté OUI, et sa disqualification immédiate pour cause d'appartenance putative au même peuple que les anglophones. Ne pas prendre note de ces mises en garde de l'histoire au moment où le PQ nous convie à un troisième référendum pourrait être la plus irresponsable des stratégies.



samedi 3 janvier 2026

lundi 22 décembre 2025

L'acquis principal de la Révolution tranquille se résume à la disparition des Canadiens-Français

Entre le Grand soir et les Petits pas,
il faut savoir garder le cap ! À la fin de 2025, une dispute intestine divise de nouveau la québécitude. Pendant qu’on se mobilise autour de nouveaux espoirs référendaires (le fameux Grand soir), d’autres mettent en garde et s’activent pour donner au Québec une

mercredi 17 décembre 2025

Tout comprendre sur le retour des Canadiens-Français

L'essentiel de la métapolitique canadienne-française contemporaine

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dans la perspective de la continuité d'un peuple

mercredi 10 décembre 2025

L'esclavage dans le monde - Un pratique répandue et pas seulement chez les Blancs européens

vendredi 5 décembre 2025

Fédéralisme des peuples et fédéralisme territorial - le Canada et l'erreur fédérale

Au cours de sa visite en Inde, Vladimir Poutine a déclaré : «Beaucoup de temps a passé et l'Inde a considérablement changé... mais ce qui reste est l'amitié et l'intérêt mutuel.» Parmi les 27 pays fédéraux dans le monde, l'Inde et la Russie sont les deux plus grands par leur population. De façon encore plus marquée que les fédéralismes allemand (avec ses landers) et suisse (avec ses cantons), les fédéralismes indiens et russes ont des assises ethniques indéniables.