Selon l’ethnologue et historien Gervais Carpin dans son ouvrage Histoire d’un mot : l’ethnonyme “Canadien” de 1535 à 1691 (Septentrion, 1995), les habitants de la Nouvelle-France commencent à s’auto-identifier comme « Canadiens » dès les années 1640, avec des attestations précoces autour de 1646-1648.
Carpin trace l’évolution du terme : initialement appliqué aux Autochtones par Cartier (1535), il glisse vers les colons français via les Relations jésuites et écrits de Marie de l’Incarnation. Vers 1641-1650, « Canadien » désigne distinctement les naît-en-Canada (franco-canadiens) vs Français de métropole, marquant une conscience identitaire naissante. Des mentions en 1646 (lettres jésuites) et 1648 confirment cet usage endogène, avant sa généralisation post-1660.
Preuves et contexte
• Sources primaires : Relations des Jésuites (1646), correspondances sulpiciennes ; Marie de l’Incarnation distingue « nos Canadiens » des « Français ».
• Signification : Répond à l’isolement colonial ; par 1691, « Canadien » est l’ethnonyme dominant pour les 10 000 colons du Saint-Laurent.
• Travail de Carpin : Étude lexicologique rigoureuse sur archives, confirmée par recensions académiques ; exclut usages tardifs pour dater la mutation sémantique.
Cette thèse renforce l’idée d’une nation francophone formée dès le XVIIe siècle, préfigurant débats constitutionnels modernes.
3 février 2026
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