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MESSAGE ÉLECTORAL DE LA FCF

  LETTRE OUVERTE AUX CANDIDATS  Le message électoral de la Fédération des Canadiens-Français 12 septembre 2026 LE PEUPLE CANADIEN-FRANÇAIS L...

samedi 12 septembre 2026

MESSAGE ÉLECTORAL DE LA FCF

 LETTRE OUVERTE AUX CANDIDATS 

Le message électoral de la Fédération des Canadiens-Français

12 septembre 2026

LE PEUPLE CANADIEN-FRANÇAIS

Les natifs francophones du Canada actuel, incluant tous ceux qui les ont rejoints, sont toujours à proprement parler le peuple canadien-français. Depuis la Conquête de 1760 et la cession de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne, la préservation de notre peuple, de notre culture et de nos valeurs occupe toujours une place centrale dans nos préoccupations. Réduits au rang d’une minorité nationale, les Canadiens-Français, bien que toujours « majoritaires » au Québec, sont privés d’autonomie interne.

MORCELLEMENT ET EFFACEMENT

Faute de reconnaissance politique explicite, le peuple canadien-français ne dispose d’aucune marge pour se perpétuer. Au sommet de son affirmation nationale, vers 1969, notre peuple profitait d’une convergence d’initiatives en faveur de sa reconnaissance statutaire. Cet accès à la dignité, naturel pour tout peuple, était réclamé de longue date. 

Dans le même temps, bien que d’apparence généreuse et équitable, la Loi sur les langues officielles a eu pour effet, de briser en deux un peuple minoritaire. Cette loi a d’abord fait des Canadiens-Français des réclamants provinciaux de droits linguistiques. Machiavélique, elle a aussi instituée une opposition judiciaire systémique entre francophones « majoritaires » et francophones « minoritaires ». 

Elle a mis en place le cadre de notre fragmentation nationale province par province. Du jour au lendemain, il n’y eut plus de Canadiens-Français ! Il n’y aurait maintenant que des Ontarois, des Fransaskois, des Québécois, etc. Avant cette loi, les Canadiens-Français, un acquis de l’Acte de Québec de 1774, était un peuple dont l’existence n’avait jamais été mise en doute. Il est ici crucial de rappeler qu’en droit international, le démembrement des minorités nationales par un État central est prohibé. Le Canada l’a fait.

LA CONFUSION IDENTITAIRE

Depuis la Révolution tranquille, les Canadiens-Français du Québec ont été soumis à une réassignation identitaire. Conformément aux lois de Québec et d’Ottawa, bien que le Québec ne compte « officiellement » que des Québécois, on distingue les Québécois anglophones, les Québécois d’origine autochtone, les Québécois immigrants de divers horizons et, enfin, les natifs francophones, qui sont simplement désignés comme Québécois tout court.

Depuis longtemps, les nôtres se font dire qu’ils ne sont que des francophones, comprendre des sans-papiers sur le plan politique, alors que notre histoire témoigne et illustre la grandeur de nos ancêtres canadiens-français et leurs accomplissements. De bonne foi, on a cru agir pour le mieux en abandonnant notre héritage remplacé par la vision d’une nation québécoise inclusive. Nous nous sommes trompés. Nous n’avons jamais eu la force d’attraction nécessaire pour faire de l’intégration des autres un succès. Les anglophones québécois ne se sont pas tournés vers nous, et les nouveaux venus comprennent que, faute de nous reconnaître nous-mêmes comme peuple, notre déclin est inévitable.

La confusion identitaire a permis d’enrayer tout objectif d’intégration. Dès le moment que nos élites ont troqué le peuple historique pour le territoire c’était fait. Depuis plus de cinq décennies, nos partis politiques soutiennent ce funeste changement de cap. Chez les nôtres, un clivage artificiel s’est créé : un pays indépendant séparé du Canada, décidé par un oui ou un non, ne satisfait pas aux besoins existentiels des Canadiens-Français. 

PRÉJUDICE AU PEUPLE CANADIEN-FRANÇAIS

Aujourd’hui, nous affirmons que la promotion d’une identité québécoise, explicitement amputée de notre personnalité canadienne-française historique, nous cause un préjudice au sein d’une population composée de groupes qui jouissent de droits spécifiques en raison de leurs attributions identitaires. Nous, Canadiens-Français, voulons pour les nôtres les droits qui sont applicables et reconnus aux autres, ni plus ni moins. Notamment dans la loi 99 (7 déc. 2000), la Constitution canadienne et les Chartes canadienne et québécoise, qui, ensemble, refusent de voir dans notre absence de statut, le cas d’une minorité discriminée.

UNE IDENTITÉ À RECONNAÎTRE

Nous demandons que le peuple canadien-français soit reconnu formellement et officiellement par l’État du Québec et, à terme, par le Canada. Un statut de « Québécois tout court » ou de « francophones » ne convient pas pour un peuple enraciné dans l’histoire. 

Les Canadiens-Français doivent impérativement obtenir une autonomie interne robuste, reconnue dans la Constitution du Canada et des provinces. Grâce à une reconnaissance de ce type, à l’image de celle accordée aux Premiers peuples, les Canadiens-Français auraient l’assurance nécessaire pour aborder l’avenir avec optimisme, prêts à faire face aux défis démographiques et aux incertitudes du futur.

Que le Québec reste dans le Canada ou qu’il accède un jour à l’indépendance, il est crucial, hors tout,  que le peuple canadien-français soit reconnu comme une entité distincte capable d’agir collectivement grâce à des institutions bien à lui. Cette solution pourrait s’inspirer de celle adoptée pour les Premières Nations, qui préservent leur identité tout en coexistant avec les provinces et un État central. Les souverainistes et les fédéralistes sont au bout du rouleau, tous les deux liés par leur mise à l’écart répréhensible de la nation socio-historique fondatrice. 

QUESTION AUX CANDIDATS À L’ÉLECTION DU 5 OCTOBRE 

En tant que candidat aux élections, croyez-vous que l’État du Québec devrait reconnaître formellement les Canadiens-Français comme le peuple fondateur du Canada (Conseil souverain de 1663), et leur accorder l’autonomie interne nécessaire pour assurer leur avenir ?


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