Finalement, le grand remplacement n'est-il pas celui d'un peuple par une province ?
C'est le sujet que je souhaite aborder dimanche à 7h sur la chaîne de Carl Brochu. D'abord parler du Grand remplacement : celui d'un peuple par une province. Si le temps le permet, couvrir le tout en cinq segments. C'est un défi pour qui n'est pas préparé... l'êtes-vous ? Cuidado !
1) La Fédération des Canadiens-Français renoue avec l'émancipation d'un peuple, une histoire qui date de plus de 250 ans et non de la Révolution tranquille. Le peuple s'entendait sur la reconnaissance de ses droits sur le territoire qu'il occupait. Sa présence était imparfaite au sein du Québec, elle se prolongeait cependant, imparfaitement aussi, au-delà du Québec.
2) La souveraineté est venue bouleverser le portrait, nier la dimension continentale de notre identité, tenue pour ringarde, voire méprisable. Il fallait que notre destin soit lié exclusivement au Québec. On a feint d'oublier que le Québec comprenait lui-même plus d'un peuple, un détail funeste qui entraîna l'échec irrémédiable du souverainisme référendaire !
3) La souveraineté a été une source de division sous deux rapports.
Le premier, elle a divisé les Canadiens-Français entre eux, ceux du Québec et ceux que Lévesque avait qualifié de "dead ducks", soit ceux du reste du Canada. Et ensuite...
4) Elle a divisé les Canadiens-Français du Québec entre eux, appelés désormais et pudiquement "francophones", conformément à la terminologie imposée par P. E. Trudeau. A une question plate et peu engageante posée en 1980, dans le dépit d'une fin de mandat toute provincialiste, les Canadiens-Français se révélèrent divisés en deux camps égaux : 50 % pour le OUI, 50 % pour le NON. Qui a fait ça et pourquoi ? Le savez-vous ? Notre peuple n'avait jamais été à ce point divisé en plus de 250 ans de lutte.
5) Pas mieux. En 1995, un peuple censé être composé de tous les Québécois se révèle fracturé en deux, ...de qui se moque-t-on ? Nombreux sont ceux qui estiment encore qu'on ne les prend pas pour des dindes ! Et pourtant : 99 % des non Canadiens-Français votent NON et 60 % des Canadiens-Français votent OUI. Le souverainisme n'a JAMAIS été rassembleur. On comprend qu'il n'a pas convaincu l'autre peuple, mais il n'a même pas réussi à convaincre les nôtres non plus. Quel échec ! Notre cause ne tient pas de la démocratie, comme cette fausse démocratie référendaire, elle tient du droit des peuples. Or tout le souverainisme depuis les années 1976 ne cherche qu'à nier un peuple et ses droits. Il nie les droits d'un peuple par une consultation au sein de deux peuples.
Conclusion
Sans être de connivence, Lévesque et Trudeau ont révolutionné les assises d'un peuple, ils l'ont rendu plus vulnérable. La doctrine de Daniel Johnson, un Canadien-Français que Lévesque et Trudeau haïssaient pour mourir, représentait à l'époque la véritable sortie par le haut. Disposons-nous encore d'une chance ? Mon audition en commission parlementaire, plus tôt cette semaine, propose des pistes de solution.
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Visionnez mon audition à la Commission parlementaire sur le projet de loi 1 sur la constitution du Québec, le 11 février 2026.
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