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Groulx et le peuple Canadien-Français

Chez Lionel Groulx la solidarité envers les Canadiens-Français de partout, le peuple dont il se réclame, ressort abondamment dans son œuvre....

mercredi 25 février 2026

Groulx et le peuple Canadien-Français


Chez Lionel Groulx la solidarité envers les Canadiens-Français de partout, le peuple dont il se réclame, ressort abondamment dans son œuvre. Nous regroupons dans ce qui suit des témoignages d'adhésion à son peuple, en particulier son parti pour les minorités hors‑Québec.


1. Sur les Franco‑Ontariens et le Règlement XVII
Dans L’enseignement français au Canada, t. II, consacré justement aux « écoles des minorités », Groulx consacre tout un développement aux Franco‑Ontariens et au Règlement XVII, qu’il présente comme une « grande crise morale » pour toute la nation canadienne‑française, non comme une affaire strictement ontarienne. Il insiste sur deux idées qui manifestent clairement sa sympathie :
• Les minorités scolaires (dont l’Ontario français) sont le « point vital visé par l’agresseur » et atteignent l’ensemble du Canada français, Québec compris.
• Les querelles scolaires des minorités « n’ont jamais pu rester des querelles purement régionales ou provinciales » : elles deviennent « des querelles nationales » et contribuent à expliquer le « tiède attachement de beaucoup de Canadiens français aux institutions de 1867 ».
Il soutient notamment la campagne du « sou scolaire » pour les écoles bilingues de l’Ontario, qu’il décrit comme une « éloquente manifestation de la solidarité nationale » devant dicter l’attitude du Québec vis‑à‑vis des Franco‑Ontariens.

2. Le cas de Jeanne Lajoie dans son œuvre
Toujours dans L’enseignement français au Canada, t. II, Groulx revient sur Jeanne Lajoie, présentée comme l’« institutrice canadienne‑française » qui se sacrifie pour l’école libre Jeanne‑d’Arc de Pembroke. Il la situe dans une galerie de figures héroïques des minorités scolaires, ce qui correspond directement au ton du discours patriotique, symbole du courage des minorités franco‑ontariennes.
Un autre texte de Groulx sur l’Ontario français, Le Français au Canada (cours en Sorbonne, 1931–1932), reprend en résumé la même trame : le Canada français est une entité nationale qui dépasse les frontières provinciales; les minorités, notamment en Ontario et dans l’Ouest, forment avec le Québec un tout organique. Le récit insiste sur leurs luttes scolaires et la nécessité, pour le « foyer national » qu’est le Québec, de se solidariser avec elles.

3. Les autres minorités canadiennes‑françaises (Acadie, Ouest, etc.)
La sympathie de Groulx ne se limite pas à l’Ontario. Dans le même volume sur L’enseignement français au Canada, il consacre de longs chapitres aux écoles acadiennes, aux écoles franco‑manitobaines, puis aux minorités de l’Ouest, en insistant constamment sur leur héroïsme et leur fidélité à l’« âme canadienne‑française ». Quelques traits récurrents :

4. La nation canadienne‑française comme entité organique
Dans Le Français au Canada, Groulx explique explicitement sa conception de la nation : il ne s’agit pas seulement du Québec, mais de « l’ensemble des hommes d’origine française en pays canadien », soit les deux millions et demi « restés fidèles au berceau de la race » au Québec et le demi‑million disséminé « dans les autres provinces, de l’Atlantique au Pacifique ». Il y distingue quatre grands groupes minoritaires (Maritimes, Ontario, Manitoba, Ouest) et insiste sur le fait que tous ont dû lutter pour « garder leur individualité ethnique ».
Cette vision organique du Canada français explique pourquoi une injustice faite aux minorités scolaires est, pour lui, une atteinte à la nation tout entière, et donc au Québec lui‑même. Elle fournit le cadre doctrinal de ses gestes de sympathie concrets (discours, campagnes, conférences, portraits de figures comme Jeanne Lajoie).
En résumé, Groulx considère les minorités canadiennes-françaises comme une part indissociable du peuple né au début du XVIIe siècle, peuple fondateur du Canada, près de 150 ans avant la Conquête.


L'enseignement de Groulx et la Cour suprême du Canada

Extrait de l'art. 154 du Renvoi de la Cous suprême du Canada sur la sécession du Québec


Très bref résumé... Le renvoi de la Cour suprême a statué (CSC art. 154) que le peuple qui pouvait prétendre au droit à l'autodétermination est le peuple canadien-français, pas "le Québec". La Cour refuse toutefois de trancher sur l'existence d'un tel peuple, arguant que répondre à cette question dépassait le cadre de son mandat.
A-t-on mal lu ou refusé de voir la brèche ouverte dans l'édifice fédéral? 
Beaucoup de Québécois ont renoncé à l'identité Canadienne-Française pour des raisons purement subjectives. Personne ne leur a fait réaliser qu'ils passaient peut-être à côté de l'autoroute qui leur garantirait un statut national sans se séparer de leurs compatriotes. 
Ce n'est pas le Québec qui a une cause mais le peuple... mais naturellement, un peuple qui refuse de s'identifier avec son nom historique, qui insiste pour s'identifier à un territoire plurinational se condamne lui-même à disparaître. L'auto-identification est le critère principal pour juger de l'existence d'un peuple. 
J'espère que vous comprendrez que s'identifier comme Canadiens-Français n'a rien d'une  fantaisie personnelle ou de la nostalgie, comme certains pourraient le penser. C'est probablement notre possibilité de salut, la voie politique le plus avisée.

https://decisions.scc-csc.ca/scc-csc/scc-csc/fr/item/1643/index.do


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