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Le 24 juin 2026, Saint-Jean-Baptiste et fête des Canadiens-Français

Proclamation de la fête nationale du Québec, le 11 mai 1977 « En 1977, le gouvernement dirigé par René Lévesque proclame le 24 juin, jour de...

mardi 23 juin 2026

Le 24 juin 2026, Saint-Jean-Baptiste et fête des Canadiens-Français

Proclamation de la fête nationale du Québec, le 11 mai 1977


« En 1977, le gouvernement dirigé par René Lévesque proclame le 24 juin, jour de la Fête nationale du Québec. Cette journée sera désormais… la fête de toutes les personnes habitant le Québec »

Cet extrait tiré du site de la Fête nationale glisse sur l’impact considérable produit par le passage d’une fête populaire de bénévoles aux sentiments patriotiques à une fête d’État. La Proclamation de la fête nationale s’est faite le 11 mai 1977. Qui s’en souvient ? Pour bien des pays, la proclamation de la fête nationale correspond à l’indépendance ou à tel ou tel événement qui a marqué la mémoire collective. Or, ce 11 mai, que s’est-il passé ? René Lévesque a signé l’arrêté ministériel qui faisait du 24 juin la Fête nationale du Québec. 

Le 11 mai 1977 marque le jour d’une substitution. L’État retire aux Canadiens-Français la Saint-Jean-Baptiste, leur fête depuis la Nouvelle-France, et leur donne la fête nationale du Québec. C’est un grand remplacement qui marque un changement de valeurs. En résumé, un rejet de la tradition au profit de promesses et d’espoirs déçus.



La norme étatique fait silence sur notre passé. 

D’abord, il ne faut plus rappeler les origines catholiques, néo-françaises et canadienne-françaises des festivités. Le 24 juin cessera de s’inscrire dans la continuité des fondateurs du pays charnel. On ne rappellera plus que cette fête était présente un peu partout en Amérique du Nord. Il s’agit surtout de valoriser un Québec de philosophie libérale, donc trudeauiste, ouvert à tous. Voilà le nouveau leitmotiv. Pour le faire valoir, on repousse dans l’ombre le patrimoine d’un peuple dont l’existence est antérieure (1646) à la province de Québec (1867).

À mon sens, le poids de l’État s’est mis dans la balance pour une ré-éducation culturelle. On peut aussi voir, avec raison, une volonté de rapetisser la conscience territoriale et historique d’un peuple, briser sa dimension continentale, en échange d’une émancipation future, compliquée par les référendums et tout le reste…
En ce sens, le gouvernement du Parti québécois mettait la charrue avant les bœufs en proclamant la célébration d’une fête nationale avant tout changement de statut. Le tout s’emboîtait dans la politique de P. E. Trudeau qui ne laissait rien au hasard pour redéfinir les Canadiens-Français en francophones bien soudés à leur province de résidence. C’est donc la provincialisation d’un océan à l’autre et l’enracinement commun nulle part, le résultat des six décennies de néo-anti-nationalistes au pouvoir..

Raviver la mémoire enfouie

Pour pallier cette lacune introduite à partir des années Trudeau (1969), il convient de raviver la mémoire enfouie. On le fait à satiété chez les Autochtones. Les Canadiens-Français pourraient suivre la piste. Il fut un temps, longtemps la Saint-Jean Baptiste avait ses sociétés, ses associations et ses œuvres à l’échelle du Canada et d’une partie des États-Unis. Un monde à découvrir. 

Prenant le temps à témoin, considérons. Les Canadiens-Français ont été dépouillés du sens de leur fête historique, elle a souffert et souffre de l’étatisation. Bien sûr, le PQ, qui était très populaire en 1977, avait les coudées franches pour servir de maître arrangeur de la nouvelle symbolique. C’était l’époque où les Sociétés Saint-Jean-Baptiste régionales se renommaient sociétés nationales des Québécois. 


Tout ce qui tenait de notre épopée néo-française a pris le bord. Une accélération choquante de notre dépouillement survient en 2020. Aucun drapeau du Québec ne se trouvait plus déployé pour le spectacle diffusé par la télévision d’État ! Une affaire difficile à avaler, reçue par plusieurs comme une véritable offense. L’année suivante, en 2021, on y arrive, le financement de l’État poursuit son œuvre de dénationalisation. Ce sont les Autochtones, les minorités visibles, sexuelles, racisées, opprimées, parce que femmes ou immigrantes qui serviront de prétexte pour jeter dans l’ombre le Canada français. Le message sous-jacent est clair : il faut en finir avec toute cohésion nationale enracinée. En sous-texte : toute éventuelle indépendance du Québec sera multiculturaliste et diversitaire. On comprend que la fête nationale a des responsabilités envers tous les segments de la population. La substitution n’est-elle pas aussi limpide qu’intériorisée ?


L’évolution de la Fête nationale renonce à célébrer nos accomplissements historiques, les hauts faits des premiers Canadiens d’abord. Il devient difficile de transmettre le sens de notre épopée aux jeunes générations. En revanche, les Autochtones ont moins de mal à revaloriser leur passé. Au début du mois, ils ont eu raison de la tête de Champlain à Orillia, Ontario. Leur nationalisme ethnique peut-être parfois exagéré, il demeure intouchable, à l’abri de toute critique. Et ils peuvent se payer des avocats. 

Cette faiblesse qui fait changer de nom par "modernisme" 

Le site de la Fête nationale poursuit en expliquant que la Saint-Jean-Baptiste devait disparaître parce qu’elle excluait les non-catholiques. Comparons. Les Irlandais vont-ils changer le nom de leur mythique Saint-Patrick parce que la foi ne remplit plus leurs églises ? La célébration d’un peuple, de tout peuple, interdit le rejet de ses symboles les plus forts.

Ainsi, les Acadiens restent fidèles : lors de la première Convention nationale acadienne en 1881, un événement historique, le clergé et les délégués choisissent le 15 août pour leur fête nationale, qui coïncide explicitement avec la fête de l’Assomption. 

Et les Acadiens ne sont pas moins malléables que les Irlandais et les Autochtones. Leur fête est la leur. Irlandais, Acadiens, Autochtones. Feront-ils un jour leur mise à jour multiculturaliste ? Vont-ils mettre partout de nouveaux arrivants, des Noirs, des immigrants et d’autres minorités LGBT dans leur journée nationale ? 



Les Premières Nations cesseront-elles un jour d’être tissées serré ? C’est une question qu’on se sent en droit d’oser. Mais on se doute de leur réponse : nous sommes chez nous ! Il n’y a guère que les Canadiens-Français qui, bien que formant un peuple minoritaire non reconnu, n’ont nulle part où aller, nul moyen de s’imposer. Guidés prématurément dans des "voies d’avenir", ils ont été séduits par des chefs qui se sont saisis de l’État pour répudier leur passé sans leur laisser d’avenir.

 

Une nation qui compte pour moins de 3% de la population d’Amérique du Nord représente un poids infime dans la démographie planétaire. Elle sera toujours à risque de disparaître. Elle ne peut survivre et prospérer que dans un esprit de conservation mâtiné d’une certaine audace. Elle le fait par la poursuite de l’épopée collective qui est la sienne. Par sa spécificité, si elle la conserve, elle contribue à la richesse et à la diversité bien comprise de l’humanité.


Vive la Saint-Jean-Baptiste ! Vive les Canadiens-Français !

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