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Un peuple sans statut dans la géopolitique mondiale

Oubliez la sécession, elle aurait été faite avant Nous en sommes à la possibilité de faire reconnaître les droits d'un peuple. Le peuple...

vendredi 9 octobre 2026

Un peuple sans statut dans la géopolitique mondiale

Oubliez la sécession, elle aurait été faite avant

Nous en sommes à la possibilité de faire reconnaître les droits d'un peuple. Le peuple avant un pays. C'est sur cette cause que nos efforts doivent porter. Je défends la thèse que le contexte canadien actuel n'est pas entièrement contre nous si nous savons jouer nos cartes. Il serait mal avisé, imprudent et peu patriotique, j'irai jusque là, de ne pas jouer à fond notre jeu pour se jeter dans les bras des États-Unis.
Voici ma petite analyse du contexte géopolitique.
Le «nationalisme de Trump" est davantage un protectionnisme intérieur. Il joue avec les tarifs, les sanctions, et favorise les oligarques nationaux : Elon Musk, Peter Thiel, et, naturellement, les joyaux de la grande puissance comme l'IA et le complexe militaro-industriel. Voir dans ce "nationalisme" un renoncement des États-Unis à la poursuite de ses ambitions impériales est une thèse assez fragile. Au contraire, les États-Unis veulent maintenir et étendre leur projection dans le monde, comme dans le cas récent de l'Accord sur le Groenland. La continuité des guerres sur d'autres continents en est encore un bon indicateur.

De même, les États-Unis ne manquent pas d'encourager l'affaiblissement du Canada, leur indifférence face à l'unité de leur voisin du Nord en témoigne. La récente déclaration d'Elon Musk en faveur de l'indépendance du Québec est certainement une forme d'ingérence. Il ne faut cependant pas s'attendre à ce que les autorités américaines corrigent le tir de l'oligarque, proche du pouvoir. De là à penser que ce qui se joue est en faveur du Québec... Si certains concluent hâtivement que c'est une évolution qui pourrait servir les intérêts autonomistes, c'est, selon moi, un pas qui ne devrait pas être franchi sans plus ample réflexion.
Le "nationalisme" américain n'a rien de désintéressé. Il ne peut cacher son désir de faire progresser l'impérialité américaine dans le cadre d'une concurrence accrue entre des puissances qui poursuivent leur propre intérêt : la Chine, l'Inde, la Russie, qui en ont les moyens, et d'autres, avec moins de moyens, continuent de progresser économiquement sans s'en laisser imposer comme c'était le cas dans l'Après-guerre. Dans cette catégorie grandissante, on peut mentionner l'Indonésie, le Vietnam, la Corée du Sud, sans oublier l'Iran... Même si des organisations comme les BRICS apparaissent présentement comme au point mort, la réalité de la multipolarité n'en progresse pas moins.
La faiblesse de l'Europe mériterait d'être examinée sous l'angle double de la mise à l'écart du nationalisme des pays qui en sont à l'origine et, quoi qu'on en dise, sur l'adoption par une démocratie européenne défaillante de politiques au service de l'intérêt américain. Même si ce dernier pouvoir fait mine de n'y être pour rien, des ficelles continuent d'être tirées.
Nul ne doute, par exemple, que la politique énergétique est absolument décisive pour toute économie industrielle. Or, l'Europe s'est placée sous la dépendance de sources énergétiques beaucoup plus chères, dont les États-Unis sont les premiers à profiter. Elle a perdu son avantage concurrentiel. Quant à sa politique de défense, qu'elle soit contre une menace réelle ou fabriquée, ce qui serait un autre sujet, elle joue aussi en faveur du complexe militaro-industriel américain.
En terminant, dans le cas de Trump, le terme de "nationalisme" porte à confusion. Dans le contexte québécois il est même trompeur. Au Québec, le nationalisme réfère à tout autre chose. C'est d'abord un nationalisme pauvre en pouvoir, mais populaire et fort en aspirations légitimes. Comparativement à celui de Trump, il porte sur l'affirmation et la promotion des intérêts d'un peuple historiquement diminué, un peuple qui aspire à une plus grande maîtrise de son destin. Le mot nationalisme pour caractériser les politiques trumpistes, notamment chez l'analyste Jian Xuequin et plusieurs autres, est porteur d'un sens fort différent de celui auquel nous sommes habitués. Il ne faut pas confondre.
Pour le Québec, ne pas explorer les incertitudes du Canada, de possibles opportunités créées par la méchante droite américaine, pourrait être un non-sens stratégique. La volonté fédérale de maintenir l’unité canadienne en ces temps troubles pourrait avoir un prix. Un prix qui pourrait être payé plus précisément sous la forme de concessions en faveur des Canadiens-Français. L'approche est nettement plus prudente que celle qui consisterait à se jeter dans les bras des États-Unis où nous serions privés de toute possibilité de statut, à la merci d'un pouvoir qui, contrairement au Canada, ne nous doit rien.
Il y a de ces propos imprudents auxquels je ne peux souscrire.
Aujourd'hui, nous en sommes devant la possibilité de faire reconnaître les droits de notre peuple. Et, nous sommes mieux placés pour le faire que beaucoup peuvent le penser.

mercredi 7 octobre 2026

Groulx et la Loi sur les langues officielles, de l’unité à la division des Canadiens-Français

Chez Lionel Groulx, la solidarité envers les Canadiens-Français de partout, le peuple dont il se réclame, ressort abondamment. Pour lui, le peuple n’est pas une province créée en 1867. Ses racines sont bien antérieures. Groulx est l’un de nos compatriotes qui a bien illustré la dimension continentale de l’identité canadienne-française.

Dans L’enseignement français au Canada, t. II, consacré justement aux « écoles des minorités », Groulx s’intéresse aux Franco‑Ontariens et au Règlement XVII, qu’il présente comme une « grande crise morale » pour toute la nation canadienne‑française, non comme une simple affaire ontarienne.
Dans Le Français au Canada (cours en Sorbonne, 1931–1932), Groulx reprend en résumé la même trame : le Canada français est une entité nationale qui dépasse les frontières provinciales; les minorités, notamment en Ontario et dans l’Ouest, forment avec le Québec un tout organique.
Dans Le Français au Canada, Groulx explique qu’il ne s’agit pas seulement du Québec, mais de « l’ensemble des hommes d’origine française en pays canadien » « dans les autres provinces, de l’Atlantique au Pacifique ». Il insiste sur le fait que tous ont dû lutter pour « garder leur individualité ethnique ».


Le peuple canadien-français divisé contre lui-même

Avec la Loi sur les langues officielles, depuis 1969, l’État fédéral a tracé une frontière au sein du Canada français. Le tracé de cette frontière ignore les réalités humaines, culturelles et historiques. Nous vivons depuis 1969 dans un régime de partition du Canada français, un peu à l’image d’autres peuples du monde, comme les Kurdes ou les Baloutches.
La loi fédérale sur les Langues officielles met en place deux régimes linguistiques au sein de la minorité canadienne-française. Elle s’attaque à l’unité d’un peuple et le dépouille de la dimension continentale de son identité. Sous une apparence généreuse, reconnaissance des deux langues officielles, elle institue la division. Le peuple canadien-français est réduit à deux catégories de « francophones », les majoritaires et les minoritaires. Elle s’attaque à l’unité historique et repousse naturellement toute reconnaissance statutaire. La division de la minorité canadienne-française est délibérée. Elle érige en système les conditions d’une incessante opposition juridique au sein d’un même peuple qui, jusque-là, réclamait fondamentalement les mêmes droits.





lundi 5 octobre 2026

La question référendaire qui pourrait tout changer

Première mise-à-jour 18:56 - 5 octobre 2026
Deuxième version 16:53 - 12 octobre 2026
Troisième version 22:14 - 12 octobre 2026

DÉMARCHE RÉFÉRENDAIRE
(proposée par la Fédération des Canadiens-Français)

Justification 

La démarche référendaire commence avec un dédoublement de l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. 


L'amendement, proposé et adopté par Québec, s'insère dans la procédure de modification de la constitution, prévue à la Partie V de celle-ci. 
En outre, l'initiative de Québec donne suite au paragraphe 150 du Renvoi de la CSC sur la sécession du Québec (1998), lequel dit notamment que  : 
Nos institutions démocratiques permettent nécessairement un processus continu de discussion et d'évolution, comme en témoigne le droit reconnu par la Constitution à chacun des participants à la fédération de prendre l'initiative de modifications constitutionnelles.

Considérants 
  • Considérant le paragraphe 150 du Renvoi sur la sécession du Québec de la CSC, l'Assemblée nationale du Québec est en droit d'adopter une modification à la Loi constitutionnelle de 1982, sous réserve de satisfaire aux exigences de la procédure de modification de la constitution, prévue à la Partie V de celle-ci. 
  • Considérant que l'existence des Canadiens fait l'objet de témoignages à compter de 1648 ou avant ;
  • Considérant que les Articles de capitulation de Québec et de Montréal tiennent compte des Canadiens, peuple d'origine française établi sur les territoires conquis ;
  • Considérant que l’Acte de Québec, et plus tard le Rapport Durham, parmi un grand nombre de documents, impliquent, désignent ou reconnaissent l’existence du peuple canadien-français ;
  • Considérant  les États généraux du Canada français de 1967-1969;
  • Considérant finalement l’existence d’un peuple historique devenu une minorité nationale sans statut.
L’Assemblée nationale du Québec a adopté un amendement à l’Article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 le... [date à inscrire ici] lequel se lit comme suit.

Amendement à la Loi constitutionnelle de 1982 

La Loi constitutionnelle de 1982 est modifiée par adjonction, après l’article 35.1, de la partie suivante : »

L’article 35.2 est créé 

1- Le peuple qui s'identifie comme Canadien depuis 1648, est le peuple qui a donné son nom au Canada d'aujourd'hui. Ces Canadiens forment un peuple au sens des Nations Unies, ils disposent de droits collectifs et institutionnels.
 
2- Les droits du peuple canadien, aujourd'hui canadien-français, sont les mêmes partout et s'appliquent sur tout le territoire du Canada.
3- Le peuple canadi
en-français a le droit à l'autonomie interne, statut qui lui garanti ses institutions en matière de langue, de culture civile, religieuse et artistique; en matière d’éducation, de sport et de représentation internationale dans les domaines de sa compétence. Les institutions nationales des Canadiens-Français sont régies par le gouvernement autonome des Canadiens-Français établi par la loi.
4- L’égalité des peuples historiques minoritaires est garantie au Canada, et, par conséquent, le dispositif légal établi par la loi pour les Canadiens-Français conserve une équivalence d’application avec l'article 35a de la constitution, ceci tenant compte des différences entre les deux peuples minoritaires.
5- Les institutions du peuple canadien sont établies initialement par les fonds publics fédéraux, auxquels s'ajoutent des corrections à établir par la loi, conformément aux précédents établis par l’article 35.1
6- Le peuple canadien-français renonce à la sécession et fait partie intégrante du peuple plurinational du Canada, à côté des Premières Nations.  


QUESTION RÉFÉRENDAIRE

Est-ce que vous approuvez la modification du gouvernement du Québec à l'article 35 de la Loi constitutionnelle du Canada de 1982 ?

OUI          NON

 
_________________________

Deuxième partie

La démarche référendaire exposée ci-dessus se trouve légitimée par plusieurs paragraphes précis du jugement sur le Renvoi sur la sécession du Québec de la Cour suprême du Canada (1998). C’est une approche référendaire qui respecte en tous points les exigences de la CS du C et qui dépasse en même temps toutes ses prévisions. Plus, elle les invalide en se situant du côté du droit des peuples non reconnus et sans statut. À ces peules ne s'applique pas le droit démocratique, mais le droit à réclamer leur remembrement, surtout dans le cas du Canada. Leur droit à disposer d’eux-mêmes, dans le cadre de l’autonomie interne.