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Une république peut-elle être plurinationale ? Et autres sujets abordés par Yves Capuano et Gilles Verrier (FB)

Yves Capuano Gilles Verrier  Je respecte votre vision Monsieur Verrier mais je ne la partage pas. Les Québécois ne seraient donc pour vous q...

vendredi 20 février 2026

Une république peut-elle être plurinationale ? Et autres sujets abordés par Yves Capuano et Gilles Verrier (FB)

Yves Capuano
Gilles Verrier Je respecte votre vision Monsieur Verrier mais je ne la partage pas. Les Québécois ne seraient donc pour vous que des contribuables égaux devant la loi ? Le Québec serait donc pour vous formé de 11 nations autochtones, d'une nation canadienne-française et d'une nation de canadiens-anglais? La nation canadienne-française serait ainsi une nation sur 13 au sein du Québec indépendant? Et que faites-vous des Italiens ou des Portugais qui sont probablement plus nombreux à Montréal que vos supposées nations autochtones toutes réunies ? Cette vision, qui est celle à la mode, est pourtant une vision ethnique du Québec en plus de construire un Québec dans lequel la nation fondamentale, celle qui est historiquement issue du métissage entre nations autochtones et descendants de Français depuis Champlain jusqu'à Frontenac en passant par Colbert, Boucher et Talon, se retrouve en minorité de une sur treize. Une véritable république ne subdivise pas son peuple en différentes ethnies. Pour moi une véritable république doit être fondée sur l'État-nation fondamental de la Nouvelle-France qui est issu de l'alliance entre autochtones et Français. Pour moi il existera toujours des communautés anglophones et autochtones se définissant comme tel, c'est bien leur droit, chacun peur se définir comme il l'entend, mais je ne crois pas devoir construire un Québec formé explicitement de 13 nations ou peuples distincts. Cela ne peut mener qu'à la division et ultimement à la décomposition et à la guerre civile. La reconnaissance de nations autochtones est pour moi une négation historique du pacte de Champlain avec les Autochtones." Nos frères marieront vos soeurs et nous ne formerons qu'un seul peuple." Le territoire du Québec doit appartenir à tous les Québécois de façon égale, quelle que soit l'origine du Québécois. C'est la vision impériale britannique de diviser pour régner qui a créé ces notions de nations autochtones distinctes des Canadiens en créant l'abomination des réserves autochtones qui a été parallèle à la définition de Canadiens-français. Il faut pour moi abandonner cette vision raciste du Québec qui sépare les québécois selon leurs supposées origines ethniques. Dans mon livre, Vers le Québec libre avec Jean-Baptiste Colbert, je présente, entre autres, une vision unique où tous les Québécois sans distinction de races apprennent le français, l'anglais, le grec classique et une langue autochtone de leur choix.
Gilles Verrier
Yves Capuano Votre réponse articulée est intéressante. Je crois qu’une discussion sur les sujets que vous abordez peut être mutuellement enrichissante. C’est forcément plus long que la moyenne FB, merci de me lire.
Les Métis et les Indiens sans statut ne sont pas comptés dans les onze nations. La reconnaissance des diverses peuplades « encartées » ,11 au Québec, ne forment qu'un (1) seul groupe national à mon sens. En dépit de leurs différences, elles ont toutes en commun le trait d’être pré-européens. Je suis d’accord avec vous : une reconnaissance statutaire pour des groupes qui peuvent compter moins de 1000 personnes a de quoi étonner. P. E. Trudeau et Jean Chrétien voulaient abolir le statut d’Indien en 1969, pour les intégrer à la population au même titre que les autres citoyens. Leurs protestations, encouragées par d’autres plus bruyantes aux É-U, ont fait abandonner le projet en 1970. Qui plus est, un statut robuste leur a été reconnu en 1982, dans la foulée des Déclarations de l’ONU en appui à leur cause. Dans l’état actuel du droit il serait très difficile, voire impossible de revenir en arrière, c’est verrouillé. Vous pouvez tenter de les convaincre qu’ils sont d’abord Québécois, je suis sceptique. D’où ma conclusion : de l’existence de trois peuples historiques au sein du Québec, pareil pour le Canada.
Les paroles de Champlain, la Grande paix de Montréal et d’autres événements ont certainement une valeur symbolique indéniable, une aménité inédite dans la rencontre de deux mondes. Ce rapprochement, n’aura cependant jamais fondu les deux peuples en un seul.
Vous parlez des immigrants. Ils viennent ici un par un, leur exil individuel ou familial ne fait pas d’eux des colons. Par conséquent ils n’ont pas vocation à cristalliser leur communautés dans la nôtre, ils ont plutôt le devoir de s’intégrer à l’une ou à l’autre des deux communautés qui le permettent. Ce que vous avez fait. Malheureusement, le multiculturalisme propose le contraire. C’est une recette pour la fragmentation du tissu social qui n’a pas fini de nous faire souffrir.
Des républiques fédérales existent pourtant sans rejeter leur multinationalité interne. L’Allemagne et la Suisse sont des fédérations qui ont un fondement ethnique. Dans ces cas, la reconnaissance des ethnies aurait amené leur atténuation, pas la guerre civile perpétuelle comme vous le redoutez. Le problème avec le Canada n’est pas la formule fédérale en tant que telle, mais son application à des fins de domination. La lutte s’est cristallisée entre ceux qui voulaient un découpage administratif des provinces sans égard au deux peuples (les vainqueurs des plaines d’Abraham) et ceux qui voyaient dans les provinces l’incarnation d’une bi-nationalité. Un fédéralisme symétrique entre les peuples (droits et devoirs égaux) a été abordé dans la Province du Canada Uni au cours des débats sur la Confédération de 1865. Je citerai un cas parmi d’autres : l’amendement de François Bourassa, député de Saint-Jean (p. 1061 des débats) a été rejeté le 14 mars 1865. Il voulait que la même protection des protestants (anglophones) imposée au Québec soit appliquée parallèlement à l’Ontario pour les catholiques (francophones), ce qui aurait établi la parité entre les droits scolaires du Québec et ceux de l’Ontario. George-Étienne Cartier, que le juriste Christian Néron a qualifié de traître, a voté et fait voter contre l’amendement de Bourassa. C’était la mort au berceau d’un fédéralisme des peuples au profit du maintien des injustices coloniales.
Le fédéralisme des peuples a de nouveau été rejeté plus tard, après cent ans de Confédération. Daniel Johnson père, au début des négociations (1968) qui ont mené à la Loi constitutionnelle de 1982, formule le projet de réformer le fédéralisme par la superposition aux dix provinces d’une instance représentant les deux peuples fondateurs. Cette fois-ci, c’est P. E. Trudeau qui va tuer le projet dans l’oeuf, suivi de quelques jours par René Lévesque, qui fermera le cercueil. C’est le jugement de C. Néron qui me revient à l'esprit...
Vous arguez qu’ « Une véritable république ne subdivise pas son peuple en différentes ethnies. »
Il est utile de savoir pour nous qu’il existe environ 25 républiques fédérales dans le monde dont une dizaine ont une composante ethnique ou multinationale explicite. Le Canada et le Québec, ensemble ou séparément, demeurent des cas idoines pour une telle constitution bi- ou tri-nationale. Le Québec et le Canada sont tous deux formés des trois peuples, le plus faible est celui dont l’auto-identification a commencé vers 1646 (G. Carpin) mais qui affiche des tendances d’auto-destruction depuis la Révolution tranquille. Les Québécois ne forment pas un peuple. Ils sont divisés sur des lignes ethniques enracinées dans l'histoire quant à leur avenir. Une future constitution doit être édifiée sur ces réalités humaines.

vendredi 13 février 2026

Audition de Gilles Verrier en commission parlementaire à la défense des Canadiens-Français

Finalement, le grand remplacement
n'est-il pas celui d'un peuple par une province ? par des provinces ?
C'est le sujet que je souhaite aborder dimanche à 7h sur la chaîne de Carl Brochu. D'abord parler du Grand remplacement : celui d'un peuple par une province... en des provinces. Si le temps le permet, couvrir le tout en cinq segments. C'est un défi !

1) La Fédération des Canadiens-Français renoue avec l'émancipation d'un peuple, une histoire qui date de plus de 250 ans et non de la Révolution tranquille. Le peuple s'entendait sur la reconnaissance de ses droits sur le territoire qu'il occupait. Sa présence était imparfaite au sein du Québec, elle se prolongeait cependant, imparfaitement aussi, au-delà du Québec.

2) La souveraineté est venue bouleverser le portrait, nier la dimension continentale de notre identité, tenue pour ringarde, voire méprisable. Il fallait que notre destin soit lié exclusivement au Québec. On a feint d'oublier que le Québec comprenait lui-même plus d'un peuple, un détail funeste qui entraîna l'échec irrémédiable du souverainisme référendaire !

3) La souveraineté a été une source de division sous deux rapports. Le premier, elle a divisé les Canadiens-Français entre eux, ceux du Québec et ceux que Lévesque avait qualifié de "dead ducks", soit ceux du reste du Canada. Et ensuite...
4) Elle a divisé les Canadiens-Français du Québec entre eux, appelés désormais et pudiquement "francophones", conformément à la terminologie imposée par P. E. Trudeau. A une question plate et peu engageante posée en 1980, dans le dépit d'une fin de mandat toute provincialiste, les Canadiens-Français se révélèrent divisés en deux camps égaux : 50 % pour le OUI, 50 % pour le NON. Qui a fait ça et pourquoi ? Le savez-vous ? Notre peuple n'avait jamais été à ce point divisé en plus de 250 ans de lutte.

5) Pas mieux. En 1995, un peuple censé être composé de tous les Québécois se révèle fracturé en deux, ...de qui se moque-t-on ? Nombreux sont ceux qui estiment encore qu'on ne les prend pas pour des dindes ! Et pourtant : 99 % des non Canadiens-Français votent NON et 60 % des Canadiens-Français votent OUI. Le souverainisme n'a JAMAIS été rassembleur. On comprend qu'il n'a pas convaincu l'autre peuple, mais il n'a même pas réussi à convaincre les nôtres non plus. Quel échec ! Notre cause ne tient pas de la démocratie, comme cette fausse démocratie référendaire, elle tient du droit des peuples. Or tout le souverainisme depuis les années 1976 ne cherche qu'à nier un peuple et ses droits. Il nie les droits d'un peuple par une consultation au sein de deux peuples.

Conclusion
Sans les accuser de connivence, Lévesque et Trudeau ont révolutionné les assises d'un peuple, ils l'ont rendu plus vulnérable. La doctrine de Daniel Johnson père, un Canadien-Français que Lévesque et Trudeau haïssaient pour mourir, représentait à l'époque la véritable sortie par le haut. Disposons-nous encore d'une chance ? Mon audition en commission parlementaire, plus tôt cette semaine, propose des pistes de solution. ______
Vidéo de mon audition à la Commission parlementaire sur le projet de loi 1 sur la constitution du Québec, le 11 février 2026.


Texte complet de mon intervention en audience publique,
lu partiellement dans la vidéo ci-dessus avant la période de questions
https://canadiens-francais.b-cdn.net/wp-content/uploads/2026/02/Intervention-projet-loi-1-11fev-final.pdf

Mémoire déposé à la Commission des institutions sur le
projet de loi 1 sur la constitution du Québec
https://canadiens-francais.b-cdn.net/wp-content/uploads/2026/01/Memoire-Loi1-FCF.pdf

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vendredi 6 février 2026

De Canadiens-Français à Québécois : Adaptation naturelle ou dénationalisation organisée au sommet ?

J'ai déjà abordé cette question en détail ailleurs mais comme elle reste incomprise je reprends ici en plus court, sous un autre angle, sans sacrifier l'essentiel.  

Question 
Chez les Québécois, qui s’étaient toujours identifiés en fonction du territoire où ils étaient majoritaires, l’adoption de l’appellation québécoise (plutôt que canadienne-française) à partir des années 1965 n’était-elle pas une adaptation du nom à une réalité politique en mouvance ? 

lundi 26 janvier 2026

Nous n'avons pas les moyens de perdre un autre référendum

L'heure n'est pas à la témérité mais à la certitude d'une victoire,
si imparfaite soit-elle !

Quand Paul-Saint-Pierre Plamondon nous dit que Mark Carney vient de lancer la campagne du NON, il faut se demander si le chef du PQ a pris le temps de lire le discours des plaines d'Abraham. Je sais bien que le commentariat souverainiste a très mal reçu ce discours, plusieurs se déchaînant même contre lui.

samedi 3 janvier 2026

lundi 22 décembre 2025

L'acquis principal de la Révolution tranquille se résume à la disparition des Canadiens-Français

Entre le Grand soir et les Petits pas,
il faut savoir garder le cap ! À la fin de 2025, une dispute intestine divise de nouveau la québécitude. Pendant qu’on se mobilise autour de nouveaux espoirs référendaires (le fameux Grand soir), d’autres mettent en garde et s’activent pour donner au Québec une

mercredi 17 décembre 2025

Tout comprendre sur le retour des Canadiens-Français

L'essentiel de la métapolitique canadienne-française contemporaine

Une exploration de notre histoire récente et moins récente
dans la perspective de la continuité d'un peuple

mercredi 10 décembre 2025

L'esclavage dans le monde - Un pratique répandue et pas seulement chez les Blancs européens

vendredi 5 décembre 2025

Fédéralisme des peuples et fédéralisme territorial - le Canada et l'erreur fédérale

Au cours de sa visite en Inde, Vladimir Poutine a déclaré : «Beaucoup de temps a passé et l'Inde a considérablement changé... mais ce qui reste est l'amitié et l'intérêt mutuel.» Parmi les 27 pays fédéraux dans le monde, l'Inde et la Russie sont les deux plus grands par leur population. De façon encore plus marquée que les fédéralismes allemand (avec ses landers) et suisse (avec ses cantons), les fédéralismes indiens et russes ont des assises ethniques indéniables. 

mardi 2 décembre 2025

Valeurs traditionnelles Vs l'hyper individualisme - un cas en Chine ranime le débat

Tiré de Géo-politique globale [20 nov 2025]

Cette évolution survient à un moment où la Chine réforme activement son système juridique. Cette affaire illustre les efforts constants du pays pour concilier les conceptions modernes de l'égalité des sexes , souvent influencées par les normes juridiques occidentales, avec ses principes traditionnels de longue date concernant le mariage, la propriété et la structure familiale.

dimanche 30 novembre 2025

Le Kenya entre Washington et Pékin - Géopolitique mondiale

image du logo du siteGéopolitique mondiale

Le Kenya entre Washington et Pékin

Selon la géopolitique mondiale , le 30 novembre 2025

image mise en avant

La pression de la dette, le mécontentement populaire et les capitaux chinois poussent Nairobi vers les voies des BRICS

La diplomatie kényane, sous la présidence de William Ruto, a traversé une période de

vendredi 28 novembre 2025

L'or - valeur refuge ou pilier d'une nouvelle architecture financière mondiale ?

La question n'a pas de réponse facile et demande certainement certaines nuances. Selon ce que j'ai pu tirer à partir des trois articles qui suivent est ceci :

1- L'or est de nouveau prisé par les banques centrales « Depuis 2009 les banques centrales sont redevenues acheteuses nettes d’or, et depuis 2022 les achats annuels dépassent 1 000 tonnes, soit plus de 25% de la production mondiale » 

lundi 24 novembre 2025

La FCF dépose un mémoire - Projet de loi 1 sur la Constitution du Québec

Le ministre Jolin-Barette, ministre de la Justice et ministre responsable des Relations canadiennes a déposé le 9 octobre dernier le Projet de loi 1 – Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec. Congratulations et critiques fusèrent aussitôt de toutes parts. À la Fédération des Canadiens-Français, d’abord sceptiques sur la portée et la qualité du projet – est-ce ce type de projet qu’on devrait entendre lorsqu’on parle de constitution ? – nous avons toutefois apprécié les gains potentiels qu’il serait possible d’en retirer pour la nation en ces heures de péril. Alors, pourquoi pas ?

Nous avons donc décidé de déposer un mémoire pour faire valoir notre point de vue, c’est-à-dire que le peuple canadien-français doit être reconnu par le gouvernement du Québec, d’abord, et par celui du Canada, qui n’a cessé de le miner depuis 1982 et même avant, avec sa Loi sur les langues officielles dès 1969.

Le gouvernement du Parti Québécois de Lucien Bouchard en 2000 n’avait pas cru bon de nous reconnaître comme tel, nous, Canadiens-Français, dans le préambule de sa Loi sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l’État du Québec (Loi 99), préférant le flou de l’expressions « peuple québécois, majoritairement de langue française« , position que nous avons dénoncé dès notre naissance en 2020 et depuis.

Aujourd’hui, le gouvernement de la Coalition Avenir Québec de François Legault nous fournit l’occasion de monter aux barricades et de lui faire publiquement réaliser une erreur – ainsi qu’à toute la députation et au-delà – qui n’est pas seulement la sienne, mais celle de toute la mouvance néonationaliste depuis les années 1960. Nous n’allions pas nous en priver !

C’est ainsi que nous avons déposé aujourd’hui, 24 novembre 2025, un mémoire, document dans lequel nous avons mis tout notre coeur tout en nous en tenant à l’essentiel, que vous pouvez maintenant lire en cliquant sur le lien. Nous vous rendons également disponible le formulaire d’adhésion à la Fédération des Canadiens-Français en espérant que vous voudrez mettre l’épaule à la roue avec nous. Vous pouvez le télécharger sur votre ordinateur, le remplir et le faire parvenir à l’adresse de courriel qui y est indiquée.


Accéder au mémoire ici :

https://canadiens-francais.com/